Battlestar Galactica - Episode 1.02
L'eau / Water
Saison 1, Episode 2 sur 13
Diffusion us : Sci Fi us - 15 janvier 2005
Diffusion française : Sci Fi France - 2 décembre 2005, puis NRJ12 - 15 mai 2008

Résumé :
Un sabotage fait perdre une grosse partie des réserves d'eau du Galactica.
Mon avis :
On va commencer par Helo. Il est toujours dans une forêt boueuse, sous la flotte mais avec la seconde Boomer. Et parti comme c'est parti, il va y rester un moment dans la forêt pluvieuse (pas une très bonne pub pour Vancouver et ses environs où est tournée la série). Du coup, il se rapproche de boomer, les deux à la limite du gros bisou baveux.
De son coté, la battlestar Boomer se réveille toute mouillée (et non, pas comme vous vous l'imaginez bande de pervers) et avec un détonateur d'explosif en main. En voulant le ranger, elle s'aperçoit qu'il en manque 6. 5 servent à faire exploser les réserves d'eau du Galactica et la 6ème charge devant faire sauter le siège de Boomer dans son rapace. Au delà de l'intrigue de recherche d'eau, il est très intéressant de suivre Boomer qui ignore qu'elle est un agent dormant cylon. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive mais commence à se douter de plus en plus au fil de l'épisode et refuse de le croire. Sa lutte interne dans le rapace est splendide, Grace Park jouant à la perfection son conflit interne rien qu'avec ses expressions faciales. L'épisode réussit le tour de force de rendre éminament sympathique Sharon Valerii alias Boomer. On s'inquiète pour elle et on est heureux quand elle réussit à outrepasser son programme, à vaincre son coté agent cylon.
Mais parce que vaincre son coté obscur n'est pas suffisant pour remplir une journée, elle se rapproche du chef Tyrol. Les scènes où ils font semblant de parler boulot sont très drôles, surtout la première quand il l'entraine dans un débarras avec le petit sourire de Cally. Personne n'est dupe et la situation risque d'être très intéressante si et quand Helo qui se rapproche de l'autre Boomer reviendra.
En parlant de relations, les hommes sont en manque dans cet épisode, même le petit Billy, très maladroit avec la jolie robe de la présidente et les beaux cheveux de Dualla. C'est très rapide mais très mimi finalement. Billy permet une plus grande identification. On est tous plus Billy que Apollo (sauf moi évidamment). Et le voilà propulser assistant de la présidente des survivants de l'humanité. J'espère qu'ils creuseront un peu plus ce personnage.
Mais on a aussi le premier rapprochement entre Laura et Bill, entre la présidente Roslin et le commandant Adama. C'est assez bien écrit la façon dont chacun cherche à ne pas se mettre à dos l'autre et le respect s'installant entre les deux. On passe d'une situation où chacun pensait faire le beau pour ne pas se mettre à dos l'autre force dirigeante et faire exploser la flotte à une situation de respect et presque d'amitiés comme le montre le geste du don de livre à la présidente. Ca donne d'ailleurs une petit double sens au recrutement de Apollo par la présidente en tant que conseiller. Veut elle vraiment des conseils sur les militaires ou veut elle une source d'information sur le commandant ?
De son coté, Baltar est encore en grand show. Apparament, sa Six rouge ne serait pas une hallucination dûe à la privation de sommeil. Qu'est elle ? Une puce dans son cerveau ou l'incarnation de sa conscience ou bien est il complétement fou ? (En tout cas, Tricia Helfer nue dans un jacuzzi, je dis oui.) Cela donne en tout cas de grands moments d'acting pour James Callis qui réussit à rendre crédible son coté geek associal tout en parlant à une Six imaginaire. On ramène aussi l'idée du détecteur de cylons dont Baltar n'a pas la moindre idée de comment le construire donc du coup, il va niquer la grande soirée de victoire au poker de Starbuck.
C'est très intéressant que le moyen d'éviter l'anéantissement de l'humanité repose dans les mains de celui-même qui a provoqué l'anéantissement des colonies, un homme totalement instable qui ne pense qu'à survivre à tout prix, quitte à renier ses propres convictions comme ses convictions religieuses dans l'épisode précédent.
Enfin, il reste la quête de l'eau qui passe malheureusement en second plan, l'épisode préférant le relationnel et l'approfondissement des personnages dans des scènes intimistes à l'action de la recherche. On ne sait d'ailleurs même pas comment ils réparent les conteneurs d'eau. On voit juste la recherche sur la planète où ils trouvent de l'eau, bref, service minimum de ce coté-là. Tout comme du coté des émeutes suite aux rationnements qui ne sont qu'évoquées rapidement sans être montré. L'épisode préfère une analyse politique plutôt que la scène choc. L'épisode préfère se demander quel doit être le rôle de l'armée dans une situation comme celle-ci. Et l'épisode prend clairement position contre l'intervention de l'armée, quelque soit la raison. Comme le dit Adama, l'armée est faite pour combattre l'ennemi de l'état et la police pour protéger le peuple. Si l'armée devient la police, il y a un risque de transformer le peuple de l'état en l'ennemi de ce même état. C'est une question très intéressante qui méritait un plus grand approfondissement. On en sent les résonnances dans notre propre pays avec la crise en banlieue il y a un an et demi lorsqu'une partie de la population demandait l'intervention de l'armée pour calmer la situation, chose que n'a pas fait notre gouvernement. La question n'est pas vraiment de savoir si on doit faire intervenir ou non l'armée mais quelles seront les conséquences possibles d'une telle intervention ? Surtout dans une situation aussi tendue et extrême que celle dans laquelle se trouve la population survivante.
Bref, l'épisode est plus faible que le précédent parce qu'il y a trop de choses à traiter pour bien aller au fond de chaque. On le voit avec la question de l'intervention militaire dans la société civile à peine effleurée malheureusement. Mais au moins, la série pose ces questions sans détour et nous amène à réflechir. Une série intelligente en plus d'avoir une écriture aux petits oignons, une réalisation parfaite et une musique extraordinaire. L'épisode est très bon "seulement" à défaut d'être excellent comme le précédent.