Doctor Who - Episode 3.02
Peines d'amour gagnées / The Shakespeare Code
Saison 3, Episode 3 (/13)
Diffusion anglaise : BBC 1 - 7 avril 2007
Diffusion française : France 4 - 2 janvier 2008
Résumé :
Le docteur emmène Martha en 1599 pour assister à une représentation en live de Shakespeare.
Mon avis :
Alors là, il faut être pro en Shakespeare pour bien saisir toute la subtilité de cet épisode. Et ce n'est pas mon cas. Du tout. Enfin si "être ou ne pas être" et Hamlet, je sais tout de même ce que c'est. Mais au delà de ça ... Pourtant, lépisode reste plaisant en lui-même. Certes, le fait que cela soit Shakespeare n'apporte plus grand chose par rapport à d'autres grands auteurs anglais mais bon, ça parle à tout le monde au moins. Et puis, il fallait bien le lyrisme des mots de Billy pour libérer les Carrionites. Tiens d'ailleurs, je suis sûr que Amaury va sortir que Doctor Who c'est du sous Charmed vu qu'il y a des sorcières dedans. Ouais ben je préfère Alyssa Milano en sorcière que celles du Whoniverse. Tao comprendra la référence à Amaury. Oui, je fais dans le subtil pour initiés cette année pour la première review d'un épisode diffusé en 2008.
Donc l'histoire est assez simple : Les sorcières ont hypnotisé le concepteur du Globe Theater pour lui donner une forme particulière et elles hypnotisent Shakespeare pour que sa prochaine pièce (jamais jouée pour nous) comporte une formule libérant les Carrionites. Mais le docteur et Martha arrivent et mettent le plan des Carrionites aux toilettes, tirent la chasse d'eau et repartent. Histoire donc très basique mais efficace.
L'efficacité vient encore des à-cotés de l'histoire en elle-même comme les multiples citations et le docteur lui indiquant celles qu'il ne doit pas reprendre ou encore la drague à la Joey Tribbiani de Shakespeare envers Martha ... et le docteur. Là encore, la série va loin en affirmant haut et fort l'ambiguité sexuelle du plus grand auteur britannique, ambiguité qui n'est relevé que par une frange des spécialistes de l'oeuvre de Shakespeare qui s'appuyent sur quelques sonnets d'amour qui seraient en fait adressé à un homme. De même qu'en faire un dragueur lourd de Martha casse énormément le mythe d'un des plus grands auteurs d'amour de tous les temps (c'est qui Roméo et Juliette ?). La série se moque sans vergogne d'une institution britannique comme elle a su si bien le faire à plusieurs reprises avant, notamment avec les monuments et la famille royale.
L'épisode est également un épisode bourré de références en tout genre à d'anciens épisodes de la série, en provenance des années 60 principalement, que ça soit dans des petites touches du décor ou à l'inverse, l'explication de phrases dans ces vieux épisodes en question. C'est du plus pour les fans, glissé très discrètement et imperceptibles pour lesn on initiés. C'est l'une des forces de la série et cela montre le grand talent des scénaristes : les épisodes mèlent énormément de choses sans laisser le moindre téléspectateur au bord du chemin, dans l'incompréhension.
Enfin, deux détails temporels sont sympa : le docteur qui avait déjà lu le dernier Harry Potter (l'épisode a été diffusé en Angleterre, 3 mois avant la sortie du livre en question) et le fait que la Reine Elizabeth veuille lu itrancher la tête. Non, aucun rapport avec l'épisode loup garou de la saison 2 qui se déroule plus tard. Le docteur n'est pas très aimé de la famille royale et cela l'excite d'avance de découvrir ce qu'il va faire pour la mettre en colère. C'est purement génial, tout autant que se référer à Retour vers le futur pour expliquer les paradoxes temporels. Nom de Zeus !!!!
Dernier détail : On remarquera que le titre vo "The Shakespeare code" est une référence au Da Vinci Code. Mais on remarquera également que le titre vf est la traduction du titre original prévu pour l'épisode : "Love's labours Won" (qui est devenu ensuite Theatre of Doom puis finalement "The Shakespeare Code"). Je sais, c'est une info totalement inutile mais pour une fois qu'on n'a pas un titre français d'un bancal sans nom, cela mérite d'être signalé. Même si je me doute qu'ils ne l'ont pas fait exprès.
Bref, encore un épisode au top pour le docteur Who mais qui prend vraiment toute sa saveur avec une maitrise de l'oeuvre de Shakespeare et la vo (la vf très bonne au demeurant fait sauter plusieures citations ou les traduit assez maladroitement)