FBI : Portés Disparus - Episode 5.17
Eaux profondes / Deep Water
Saison 5, Episode 17 (/23)
Diffusion us : CBS - 18 mars 2007
Diffusion belge : RTBF (La Deux) - 26 mai 2007
Diffusion française : France 2 - Bientôt

Résumé :
Une sénatrice disparait.
Mon avis :
On se trouve devant un épisode un peu particulier de FBI puisque pour la première fois, on connait le sort de la personne disparue dès le départ : elle est morte. Du coup, l'épisode se joue de nous puisque l'équipe Jack enquête pour rechercher une disparue et nous on sait qu'elle est morte. Pourtant malgré cela, on se prend assez bien dans le jeu des recherches, bien mieux que dans les traditionnelles fausses pistes qui plombent les 20 premières minutes. Le seul défaut, c'est lors des phases d'imagination où Jack s'imagine la sénatrice tuée avec le crochet alors qu'il l'ignore. (du moins dans les premières séquences imagination).
Notre sénatrice, ancienne agent fédéral bossant pour le NTAC des 4400 (et qui conserve sa vf en prime), Diana Skouris alias Jacqueline McKenzie dans la vraie vie et je ne sais plus comment ici dans cet épisode, est donc disparue, tuée par ... son propre mari (avec la vf de psychopate de Guillaume Orsat qui tiens, surprise, faisait la vf du tueur dans le 3ème experts diffusé sur TF1 le 30 mai, mais qui fait aussi la voix du psychopate Liam Fitzpatrick dans Veronica Mars. Il fait aussi dans le dérangé mais pas psychopate avec Nate Fischer dans Six Feet Under et Sandy Cohen dans The OC. On notera que c'est au moins le troisième mari qu'il joue cette saison dans FBI. Vive la variété des versions françaises.) .
Mais pourquoi a t'il tué la si gentille maman adoptive de Maya (oui, oui, je me réfère encore aux 4400) ? Parce qu'il est adepte de la libérale attitude : la loi du plus fort : écraser la concurrence, les obstacles et empocher pleins de pognon : puisque papounet sénatrice n'a pas voulu lui filer un job très bien payé, il s'est tourné vers le donateur de la campagne sénatoriale, un industriel du pétrole que sa femme n'allait pas soutenir devant une commission d'enquête et contre un job et du fric, il allait "régler" le problème. Et ce con en est fier et s'en vante indirectement en riant au nez de Jack qu'il n'a aucune preuve. Du coup Jack, parce qu'il faut pas l'énerver, va tout balancer sa théorie sans preuve au père de la sénatrice lors de son enterrement. Du moins, c'est ce qu'on devine.
Je vais être franc : la fin ne me plait pas du tout. Jack est censé être quelqu'un de bon et non un bourreau. Parce qu'en allant parler au père, il sait très bien qu'il condamne à mort le mari. Ce point me gêne pas mal du tout, surtout sachant que l'épisode a été écrit par Anthony LaPaglia. Il n'est pas censé connaitre un poil son personnage ? A moins qu'il est décidé que la perte de son père, de Anne, de son troisième enfant en avait fait un enfoiré. Mais il aurait fallu un peu mieux l'introduire auparavant qu'à travers : Jack ne fout rien et Jack tire la gueule.
Sinon le reste s'en tire très très bien même pour moi qui n'aime pas les plongées dans les magouilles politico politiciennes us. On obtient un très bon éclairage (plus qu'une dénonciation) sur des états de fait plus que discutables et d'actualité, comme par exemple qu'il vaut mieux projeté l'image de la famille parfaite pour être élu qu'une d'être une célibataire. Du coup, hop, elle épouse le premier qui passe par là (un psychopate ! Elle aurait dû se méfier en entendant sa vf. Il ne fait les gentils que 10% du temps). Etant mariée, elle peut se présenter. Mais pour gagner il faut du fric et beaucoup de fric puisqu'il n'y a pas aux Etats Unis les mêmes règles d'équité de temps de paroles et de limites publicitaires. Les candidats peuvent faire ce qu'ils veulent, quand ils veulent à la télé. Du coup, celui qui a le plus de fric pourra monopoliser l'antenne avec ses spots entre la nouvelle lessive qui lave plus blanc que blanc et la bande annonce de Spiderman 3 au cinéma (les bandes annonces ciné sont autorisées dans les pages de pub us. Comme en Belgique d'ailleurs et dans quasiment tous les pays sauf chez nous) et aussi innonder de tracs et de meetings la population.
Et le seul moyen d'obtenir les millions est de se faire sponsoriser par une grosse boite : elle file le fric et soutient publiquement le candidat et en échange, une fois élu, ce candidat lui rendra la pareille en votant des lois favorables ou en empéchant des lois défavorables à cette entreprise sponsor et peu importe si cela va dans le sens de l'idéologie du candidat ou pas. La politique us est avant une question de jonglage que d'action. Et cet épisode est en plein dedans. La sénatrice fait partie d'une commission chargée d'évaluer la viabilité de nouveaux moyens de forage pétroliers en mer. Et un expert a rendu un rapport truqué sur la résistance des matériaux pour les conduites. D'après lui tout va bien mais on communique à la sénatrice le vrai rapport qui prouve qu'il y a un taux de rupture de 12% ce qui entrainera des désastres écologiques sans précédant. Elle décide alors de voter contre cette loi et donc contre son principal donateur de campagne. C'est là que le mari intervient, assoiffé par le pouvoir.
Anthony LaPaglia n'hésite pas à taper allégrement dans un peu de tout : les personnes prêtes à tout pour avoir un peu plus de pouvoir, le système de parrainage électoral, le rien à battre de l'écologie des multinationales us. Et cela bien que rapide est très bien mené. La rapidité permet juste d'éviter une trop grosse lourdeur qui aurait rendu l'épisode chiant. Anthony LaPaglia a fait un excellent boulot sur cet épisode.
Mais du coup, parce qu'il est un peu ce qu'il dénonce, il envoit chier ces collègues qui ont tous 30 secondes à l'écran maximum dont 10 avec la scène collective du début.
Bref, j'ai trouvé l'épisode bon, malgré le fait qu'il soit dans un univers que je n'affectionne pas (la politique us). Pour un débutant, Anthony LaPaglia s'en sort très très bien.
Le plus :
Parce que je vous offre toujours plus que Tao : Anthony LaPaglia a eu l'idée d'écrire un épisode et cet épisode en particulier lors d'une discussion avec son maquilleur, Michael Mills. 8 mois après, il a présenté le script aux producteurs qui l'ont à peine modifié. On peut mieux comprendre la totale absence des autres enquêteurs puisqu'en le début de l'écriture et l'épisode fini, il a du se dérouler pas loin d'un an. Anthony LaPaglia ne pouvait pas savoir où en serait les personnages (comment deviner où en serait les rapports Danny / Elena ? Martin serait il toujours drogué ? Sam en était à combien de meurtres à la pelle ? )
Il s'est inspiré de plusieurs faits réels notamment sur la volonté du gouvernement us d'étendre les zones de forage et Joseph Kennedy qui a "rendu présentable" ses enfants en vu de leur élection. On parle bien sûr du père de JFK, président des Etats Unis tué à Dallas. Ce père rêvait de la présidence et a tout organisé en coulisses pour que ses enfants atteignent les sommets de la politique us.