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Analyses en séries
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29 mai 2007

Stargate SG1 - Episode 10.06

Wormhole X-treme, le film / 200
Saison 10, Episode 6 (/20 - 200ème épisode de la série)
Diffusion us : Sci Fi Channel - 18 août 2006
Diffusion française : Serie Club - 22 mai 2007
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Résumé :
Les trois épisodes de Wormhole X-treme ayant cartonné en dvd, un film est en préparation et Martin Lloyd vient demander l'avis de SG1 sur le scénario.

Mon avis :
Quel pied ! Que Stargate peut être bon quand ils veulent. Cet épisode est magistral et d'une maitrise rare de la série avec une énorme dose d'autodérision et recul sur la série en elle-même.
On va commencer par un petit jeu : retrouver les références : Farscape, Firfefly, Happy Days, Retour vers le futur, Star Wars, Star Trek, 24, doctor Who, les sentinelles de l'air.
On va commencer par les plus évidentes :
- Star Trek : c'est assez évident avec les costumes, les décors et le jeu de Ben Browder copiant presque parfaitement William Shatner alias le capitaine Kirk. On appréciera également l'interprétation par Amanda Tapping de la femme transie d'amour pour le beau capitaine.
- Les sentinelles de l'air : très long passage nous rejouant le film Stargate tout en marionettes. Les sentinelles de l'air ou Thunderbird fut une création anglaise très typée des années 60 et le système de marionettes fut souvent repris, principalement dans les productions jeunesse. La dernière utilisation connue des marionettes est l'épisode de la saison 5 d'Angel (excellent épisode par ailleurs) et le film Team America par les créateurs de South Park.
Ce passage reprend les grandes caractéristiques des films d'actions pré 90 où sans se fouler, on trouvait l'équipe idéale. La façon de composer l'équipe avec le descriptif de Hammond est hilarante mais très très loin du passage où j'ai failli me pisser dessus de rire : la traversée de la porte tranchant les fils.
- Farscape est aussi évident sauf si vous ne l'avez jamais vu et SG1 sous entend que personne ne l'a jamais vu. C'était le principal clin d'oeil attendu étant donné que Vala est jouée par Claudia Black issue de Farscape (et elle reprend son rôle de Aeryn Sun dans la parodie) et que Mitchell joué par Ben Browder était John Crichton dans Farscape (mais il joue Stark dans la parodie, Michael Shanks occupant le rôle de Crichton. Cela peut choquer mais cela colle avec SG1 puisque SG1 joue sur la tension sexuelle entre les Vala et Daniel tout comme Farscape jouait sur la tension sexuelle entre Aeryn et John)
- Star Wars : La fameuse apparition des Furlings tant attendue des fan de la série se fait sous la forme d'Ewoks sur une planète très Ewoks. Et la destruction de leur planète est l'exacte réplique de l'explosion de l'étoile noire dans les éditions remasterisées de Star Wars.
- 24 heures chrono : l'hommage est évident lorsque Martin trouve brillante l'idée de mettre un chrono en temps réel à l'écran. Procédé type de la série 24.
- N'importe quelle série teen actuelle pour le second meilleur passage de l'épisode avec l'équipe version adolescents. J'étais plié en 2: Vala : j'en ai marre d'être la fille superficielle à laquelle personne ne fait attention ... Je suis enceinte." :)

On va passer aux allusions un peu plus subtiles et nettement moins évidentes :
- Happy Days : c'est assez évident pour les fidèles lecteurs du blog puisque j'ai déjà expliqué de nombreuses fois l'expression "jump the shark". Martin insinue qu'il serait stupide de faire sauter une Mitchell marionette au dessus d'un requin marionette en moto. C'est une référence directe à un épisode précis de Happy Days dans lequel Fonzie fait le pari de sauter par dessus un requin (mais en ski nautique). Ce passage a marqué la fin de Happy days période bonne époque et le début de la période nulle conduisant à sa fin. Du coup, on attribué à cette scène l'expression "jump the shark" quand une série réalise un épisode basculant la série dans une direction totalement stupide et détruisant ce qui faisait le charme de la série.
Le contexte de la scène dans SG1 justifie parfaitement la référence et l'ajout de la moto est pour une plus grande clareté des non initiés vu que Fonzie était toujours en moto.
- Doctor Who : il est quasi impossible de saisir la référence sans être un geek otaku associal (pour dire). La référence tient en 3 mots conservés en vf : Inverser la polarité (reverse the polarity). C'est une simplication technique donnée par Mitchell qui n'y connait rien en technique. A l'instar du troisième docteur dans Doctor Who (et du coup, ça remonte à plus de 30 ans) qui sortait régulièrement "reverse the polarity" pour dire ce qu'il faisait pour sortir d'un problème technique dont il n'avait aucune idée.
Cela pourrait être aussi une référence à Star Trek qui inverse très souvent la polarité du bouclier du vaisseau pour sortir d'un rayon tracteur, d'un nuage de gaz ou toute autre anomalie spatiale (et ce, quelque soit la série trek en question). Ce qui fait que c'est une référence à Doctor Who dans cet épisode, c'est que Ben Browder fut consulté pour donner son avis sur le relaunch de 2005 de doctor who.
- Retour vers le futur : C'est lors du passage où Martin demande à Sam de répéter son speech technique et qu'elle refuse. La réinterprétation par Martin est le dialogue du doc de Retour vers le futur pour expliquer le principe du voyage dans le temps à l'aide du convecteur temporel de la Delorean.
- Firefly : Dernière parodie / hommage / référence. Là, c'est technique. La série fut annulée au bout de 11 épisodes sur 14 produits. Mais les ventes en dvd ont tellement cartonné que Whedon a pu grâce aux bénéfices forcer la main à Fox pour produire un film. Ce qui est la même situation ici : 1 épisode diffusé sur 3 tourné pour Wormhole et des ventes dvd qui cartonnent.
C'est également une situation proche pour les Griffin (Family guy en vo) qui fut arrêté après 3 saisons faute d'audience mais dont la production fut relancé 2 ans après devant le carton des ventes dvd (sauf que dans ce cas, les dvd ont conduit à maintenant 3 nouvelles saisons de la série et non un film)

Bon, je vais être honnête, un site m'a aidé pour lister ces références. J'avais pas capté celle de Firefly et celle de doctor who.
Et pour être complet, on a également deux hommages qui sautent en vf : Mitchell "Oh, I'm being Punk'd, aren't I?" qui est une référence à Punk'd l'émission de caméra cachée piégant les stars diffusée sur MTV et présentée par Ashton Kutcher. Et la référence à la scène 24 qui se multiplie en vo à l'instar du film  "Monty Python and the holy grail"

Mais l'épisode ne se contente pas d'être un hommage aux autres séries. L'épisode se moque de lui-même et de ses fans. On peut évidamment penser en premier lieu à la fin de l'épisode lorsque les personnages de Wormhole parlent de la série.(on remarque la feignantise de la vf qui colle les voix de Weir et Ronon sur deux personnages de Wormhole (faudrait vérifier si ils avaient déjà cette voix lors du 100ème épisode de sg1)
Les références sont très très nombreuses et je ne les ai plus toutes en tête. On peut citer en vrac le "c'est facile, il suffit de changer l'acteur" sorti par Ben Browder et qui fait écho à de nombreuses remarques de fans que Mitchell était un O'Neill 2.0 à son arrivée.
Toujours envers les fans les furlings : la race inconnue des 5 races dont font partis les humains, les asgards, les anciens et les Nox. Les Furlings furent cités mais jamais montrés à l'écran. Et cela n'arrivera pas puisque primo on ne les reverra pas cette saison et c'est la dernière et en plus, ce passage fait parti du "précédemment" impliquant que cela est bien arrivé mais entre deux épisodes. Apu les Furlings. Là encore, la série se moque d'elle-même n'ayant jamais été fichu de trouver une raison de les montrer mais elle se moque également du système actuel qui abuse de ce procédé (incruster de l'inédit dans le "précédament", qu'il soit vraiment inédit ou coupé au montage), notamment dans la saison 3 de Battlestar Galactica.
L'épisode continue de se moquer du système au moment du générique où Mitchell demande un générique très fort et que Martin rétorque qu'un simple panneau titre suffit : Stargate elle-même en a fait les frais lors des 10 premiers épisodes de la saison 9 aux Etats Unis (la version intégrale fut diffusé à l'export). Mais on retrouve cela dans quasiment toutes les nouvelles séries. Et ce n'est pas un effet de style : là où un générique dure 1 minute et un panneau 15 secondes, cela laisse 45 secondes de rab pour caser de la pub (les heures étant extrêmement précis et sans jamais de débordement comme en France). Et ce procédé est vraiment critiqué parce que le générique fournit une véritable identité à la série. Qui n'a jamais fredonné un générique lorsqu'il arrivait ? Et aujourd'hui, 20 ans après, sans mater les rediff cable et tnt, qui est capable de sortir un épisode de Magnum, K2000 ou l'agence tout risques ? Pas grand monde. Mais tout le monde vous chantera le générique ! "L'aaaaaaamour du risque, Jonathan et Jennifer, les justiciers milliardaiiiiiiiires" :)
D'ailleurs, Stargate SG1 et Atlantis raflent tout le temps le prix de la meilleure composition dans les cérémonies de prix.
Mitchell: Never underestimate your audience. They're generally sensitive, intelligent people who respond positively to quality entertainment. (ne sous estimez pas les téléspecteurs. Ce sont des gens intelligents et sensibles qui aiment regarder des programmes de qualité). Ce qui traduit signifie : ce sont des gros cons qui aiment la merde qu'on leur sert. Double référence : aux téléspectateurs abrutis qui avalent tout dès lors qu'on met un mec torse nu et une nana en bikini (alerte à Malibu, One tree hill par exemple). Mais aussi la conscience de la production que leur show est très limité du coté qualité d'écriture (il n'y a quasiment aucun second degré de lecture dans Stargate, sauf paradoxalement dans ce type d'épisodes ou le 100ème déjà sur Wormhole ou le clip show de la saison 8 avec le coiffeur)
Mais ce coté qualité cheap se couple aussi avec Martin disant qu'ils n'utiliseront aucune image de la série dans le film : Stargate use et abuse du même plan d'ouverture de la porte et les premières saisons pompaient très largement les plans d'effets spéciaux du film.
Toujours là-dessus, on a aussi Teal'c s'interrogeant sur pourquoi tout doit exploser dans ce script. Là encore, Stargate n'est pas radin du tout en explosions, tout scène d'action donnant lieu au moins à un boitier explosant (genre l'interrupteur d'une porte goa'uld). Or généralement, on peut rattacher ça à la culture  qui est comme de la confiture : moins on en a , plus on l'étale. Ici, c'est pareil : moins on a de scénario, plus ça explose.
On peut y coller également le fameux dossier secret se référant à 1969, et insinuant que O'Neill serait le père de Mitchell, procédé extrêmement facile et très usité pour lancer un intérêt bidon lorsque les scénaristes ne savent plus quoi dire/faire (attendez de voir la saison 3 de Lost et découvrir le frère ou la soeur de Jack.)
Enfin là, dernier truc qui me vient à l'esprit : Siler, ce bon vieux Siler se demandant pourquoi cela arrive toujours à lui : Effectivement, dès qu'il se pointe, il voltige dans les airs. Premier degré de lecture. Second degré : il est le chef cascadeur de la série et a été la doublure cascade de Richard Dean Anderson pendant les 8 saisons de présence de O'Neill.

Le reste en vrac, sans rapport :
- Dommage que la veille de la diffusion de cet épisode sur Sci Fi, la chaine américaine a annoncé la non reconduction de la série pour une 11ème saison et donc la fin de la série au terme de cette 10ème saison.
- C'est le 100ème épisode dans lequel apparait Walter, le mec activant la porte.

Ce que je retiendrais : la version teen de SG1, le passage de la porte par les marionettes, la version star trek, les piques de Martin sur la production actuelle des séries

Bref, un épisode exceptionnel et magistral. Tant par sa construction que par les hommages que par le regard très critique portée par la série sur elle-même et sur la production des séries actuelles. C'est du très très grand Stargate SG1. Peut-être le meilleur épisode de toute la série pour moi. En tout cas, il se place sans hésiter dans les 3 meilleurs.

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Commentaires
I
MORT DE RIRE !<br /> <br /> Plein de scènes cultes, on a envie de toutes les citer, mais bon autant revoir l'épisode pour ça.<br /> Je retiens quand même la vision d'horreur de la version "teen" de SG1 ("c'était trop une goa'uld!"),le passage zombi bourrin de Mitchell, les sites de fans "à 10 connexions par mois" ^^<br /> Rhaa y'en a trop :)<br /> <br /> Ah il n'y a vraiment que Stargate SG1 pour nous sortir un truc aussi énorme comme ça. Jamais vu autant d'auto-dérision condensée.<br /> Je comprends pourquoi j'aime cette série. On sait que tout n'est pas toujours crédible et eux aussi mais on fait avec ce qu'on a, c'est l'occasion de découvrir un nouveau scénario à chaque épisode et dans l'espace tout peut arriver. On rigole des grosses ficelles et on apprécie les plus fines.<br /> <br /> Une réplique m'a marqué, celle où, concernant les scénario de films ciné, il est dit en gros : "pourquoi avec les millions de dollars de production et tous les scénaristes à leur disposition on a toujours des scénarios aussi nuls ?"<br /> La vache, bon sang, donc je ne suis pas le seul à rester abasourdi devant ça ! On en parle si peu (je trouve) je commençais à me demander si je ne faisais pas trop le difficile...
L
Ca fait longtemps que je viens lire tes articles sur Stargate et j'avais jamais laissé de comm (pourtant je me rigole bien à chaque fois !). Mais la je résiste pas, j'ai trop rit en regardant cet épisode puis en lisant ton article (il y a qd mm pas mal de trucs que j'avais pas vu, merci).<br /> J'ai trouvé les marionnettes géniales, dès le début je me suis dis qu'elles allaient perdrent leurs fils en passant la porte alors quand c'est arrivé je me suis trop marrée.<br /> Et sinon j'ai adoré le mariage O'Neill-Carter, je rêvait que ça arrive vraiment dans la série au début de sa diffusion (le rêve de toute gosse de 9 ans : le beau héros épouse la blonde ! d'ailleurs je vénerais l'épisode où O'Neill et Teal'c revivent tout le temps la même journée juste car O'Neill embrasse Sam. Maintenant je rêve plutôt d'épouser Joe Flanigan, même si on le voit jamais nu!).<br /> Bref, j'arrête de raconter ma vie, et bonne continuation !
A
j'adoré !!! et j'ai bien rit<br /> évidement j'ai loupé quelques références mais c'était excellent !!!! <br /> que dire ....<br /> bah que j'ai appris des trucs sur Siler et Walter et je trouve ça sympa<br /> juste un truc : y a pas eu assez de RDA !!!!!
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