FBI Portés Disparus - Episode 5.06
Après la tempête / The calm before
Saison 5, Episode 6 - 100ème épisode
Diffusion us : CBS - 29 octobre 2006
Diffusion belge : RTBF (La Deux) - 10 mars 2007
Diffusion française : France 2 - Bientôt
Résumé :
Un homme disparait et l'enquête révèle rapidement qu'il est un rescapé traumatisé de l'ouragan Katrina.
Mon avis :
100ème épisode de la série. Déjà. Episode exceptionnel normalement. Ici, il est exceptionnel car bon et avec guests stars de luxe comme Eric Lasalle (alias le docteur Peter Benton à l'époque où Urgences était encore au sommet), Lisa Gay Hamilton (une secrétaire devenue avocate du bureau Donnell de The Practice) et Michael Beach ( NY 911/Third Watch et l'inoubliable oublié Al Boulet dans Urgences).
A coté de ce casting de "luxe" (avec énorme effort sur la vf puisque reprise des voix habituelles de ces acteurs), on a droit à des circonstances extraordinaires : l'ouragan Katrina qui a frappé la Nouvelle Orleans, détruisant la ville et laissant la population majoritairement noire à l'abandon. Un terrible drame pour les Etats Unis, moins porteur que les tours jumelles mais tout de même fortement ancrée dans les esprits américains surtout à cause de l'inaction totale du gouvernement américain pour aider la population locale.
Ici, on a un homme qui menait une vie tranquille et prospère avant de tout perde à cause de l'ouragan et son exil forcé avec sa femme et ses enfants vers New York où un cousin lui a trouvé un travail dans une entreprise du bâtiment.
L'épisode n'est pas exceptionnel au niveau du rythme, notamment en raison de l'absence de fausses pistes. On peut même le trouver assez poussif par moments. Puis arrive la fin et les explications et rétroactivement, l'épisode prend une toute autre saveur.
On a un homme perdu au milieu des eaux submergeant les maisons. Seuls les toits sont encore au dessus du niveau de l'eau. Les toits et la barque de fortune de Aaron, le disparu, qui rame sans but, sans direction avec ses deux enfants à bord récupérés dans le prégénérique. Puis un homme saute d'un toit pour les rejoindre. Mais la panique habitant cet homme et l'eau rendant tout glissant, l'homme n'arrive pas à monter à bord de la barque et Aaron doit choisir : soit l'homme se décroche, soit la barque chavire mettant en danger ses enfants. Aaron lui donne alors deux coups de pelle pour le faire décrocher et reculer mais au lieu de ça, il le tue (soit directement, soit en l'assomant entrainant sa noyade). Du coup, on comprend beaucoup mieux Aaron dans toute sa partie new yorkaise : le désespoir, la culpabilité et les remords se battent en lui, le faisant sombrer. Aaron ne se sent plus vivant et veut mourir comme le montre la scène de la démolition de l'immeuble où il est resté sur place. Les combats dans le fight club sans protection ,sans rien, montre bien qu'il veut se punir, s'auto flagéler en quelque sorte. Il cherche par là à faire pénitance. Aaron est un homme brisé par un acte totalement compréhensible vu les circonstances exceptionnelles. D'ailleurs, les enquêteurs le rappellent plusieurs fois : un jury ne l'aurait jamais condamné vu les circonstances climatiques et la nécessité de protéger les enfants.
Cette histoire profondément humaine, profondément touchante est bien menée sur ce plan là et Eric LaSalle offre une grande prestation dans le rôle d'Aaron.
La fin avec le gosse à claque de l'homme qu'il a tué baisse en intensité, surtout parce que le gosse mériterait d'être noyé sur place. Le désespoir et le fait qu'il n'est plus rien est assez mal écrit et surtout très mal joué. Cela aurait pû être magnifique mais bon, c'est Aaron la star, pas cet ingrat d'ado boulet. Heureusement, le face à face avec Jack remonte le niveau et Anthony LaPaglia nous rappelle que si on lui sert un bon scénario, un scénario qui lui donne envie (c'est à dire sans les lettres A, N, N et E dedans), il est un grand acteur.
Par contre, la série est encore en convalescence et cela se voit avec pas mal de défauts comme l'hypnose totalement ridicule du gamin, sans logique, sans rien. La psy sort 3 phrases et pouf, il est hypnotisé. N'importe quoi. La scène de fin avec Jack vole bas également. Il trouve un mec sous des décombres à la cave d'une maison en ruines. Et il y va sans prévenir personne et l'escalier se pète sous son poids. Mais Jack ne comprend pas le message et va tripoter les débris en équilibre instable sans prendre la moindre mesure de sécurité ou de sécurisation des lieux. Rien, nib. Même pas un appel à des secours expérimentés. Abruti !
On peut encore rajouter la totale inutilité de toute l'équipe hors Jack en plus de son interchangeabilité.
Dans le négatif, je termine avec la leçon dem orale à deux balles de l'épisode : "bouh, laisser les noirs sans les aider, c'est maaaaal". Ah ? Sans blague ? Le gouvernement a été inhumain et raciste ? Bush est un gros c*** sur ce coup ? Pas besoin de faire un épisode soi disant exceptionnel pour nous le dire. Ce n'est pas tant la condamnation qui me pose problème, c'est la façon de bourrin de la faire de l'épisode. Absolument aucun contrepoint, absolument aucun autre problème soulevé (comme l'entassement préalable de la population la plus pauvre sous le niveau de lam er derrière une digue, les multiples rapports faisant état de la vétusté de ces digues, l'impossiblité du gouvernement américain de faire face à une telle catastrophe sur tous les fronts en même temps, ... Et je sors ça sans trop connaitre "le dossier" en profondeur.
Bref,
Un épisode bon sur le plan humain du disparu. Par contre, il enfonce trop les portes ouvertes et évidentes et connait toujours des problèmes récurrents pour l'équipe. Cela reste un grand épisode mais avec un poil plus d'effort sur certains détails, l'épisode aurait pu s'inscrire dans le top de la série (genre ne pas boulétiser l'ado, donner un minimum de caractère aux enquêteurs, éviter les facilités stupides style hypnose)
