Analyses en séries

Blog de reviews sur les diverses séries que je suis. Alliant humour et analyses, chaque épisode est décortiqué à l'aide de mon oeil implacable.

samedi 13 décembre 2008

Situations étranges et facilités dans les séries - 2ème partie

Allez hop, je continue mon tour d'horizon non exhaustif des situations clichées dans les séries en m'intéressant à deux cas aujourd'hui : le héros et la série de SF

Comment diférencier un héros d'un méchant ?

gentilsmechants_copie

A-suivre.org le résume bien

- Le héros gagne toujours à la fin. Le méchant ne gagne jamais. Si le méchant gagne, on est dans une réalité alternative.
- Dans une fiction américaine, le héros est toujours américain. Le méchant est russe si ça date des années 60 ou 80, asiatique si c'est les années 70, d'Europe centrale si c'est dans les années 90, arabe depuis 2001. Si il est américain, il a été perverti par une des idéologies des régions précédament citées.
- Le héros ne porte jamais la barbe. Le méchant aime les poils. Si le héros porte la barbe, c'est parce qu'il est tout perturbé, généralement par la mort d'un de ses proches (Jack Bauer, Gibbs). Et il y a Chuck Norris. Héros d'un coté mais ennemi de la bonne fiction.
- Le héros sait tout faire : de conduire un avion de chasse expérimental à désarmorcer une bombe. Le méchant a quelqu'un pour tout, y compris lui allumer la lumière quand il arrive dans une pièce.
- Si le héros est entouré de sous fifres, ce sont des as dans leur domaine. Le méchant s'entoure toujours de gros nuls.
- Le héros et le méchant ont souvent un enfant. L'enfant ou la femme du héros trouve le moyen de se foutre dans la merde parce que sauver le monde serait trop facile sans cela. Le méchant voit son enfant ou sa femme se retourner contre lui pour aider le héros. Si le héros n'a pas d'ado chieuse à la Kim Bauer, il rencontrera en cours de route une femme trop sexy à sauver. Bien souvent, la fille ou la femme du méchant.
- La femme du héros est une potiche d'âge moyen. La femme du méchant est une bombe sexuelle.
- Le héros et le méchant ne sont jamais des femmes. Si par miracle le héros est une femme, elle ne peut pas réussir tout seul (Buffy par exemple)
- Le héros et son équipe s'entendent toujours bien. Le méchant et ses acolytes passent leur temps à se trahir.
- Le méchant qui revient sait qu'il a face à lui un héros trop fort. Et bien, au lieu d'attaquer un autre pays, il retourne s'acharner contre le héros (syndrome Bioman : les héros colorés sont au Japon et le méchant insiste monstre après monstre.)
- Les sous fifres méchants attendent chacun leur tour pour se faire botter le cul. Jamais ils n'attaquent en masse le héros seul.
- Le héros n'est jamais à court de balles. Si cela arrive, il y a toujours une arme chargée qui traine ou il sort un énième chargeur de ses poches sans fond et ce, même après avoir été fait prisonnier et donc qu'il se retrouve dans d'autres habits que ceux de sa mission. Le méchant tombe toujours à court de balles au mauvais moment.
- Le méchant est sympa : plutôt que de tuer le héros et gagner, il va l'enfermer ou le ligoter et le laisser seul ou presque jusqu'à ce qu'il s'échappe. Et en plus, si il le ligote, il le laissera toujours à proximité d'un truc qui pourra lui permettre de déchirer ses liens.


Et les séries de SF ?
Grand_Space_Opera

- Le vaisseau est toujours un vaisseau qui a un super look/design hyper travaillé. Mais les navettes pour aller sur les planètes ressemblent toutes à des boites à chaussures.
- Ils ont beau avoir le top de la technologie à bord, il y a toujours 2 ou 3 épisodes par saison avec une couille technique. De même, il y a toujours un épisode au moins dans une dimension miroir avec les héros méchants, un voyage dans le passé, un dans le futur, une sortie de vortex/hyper espace pas au bon endroit. Et ça, par saison ou presque.
- Les équipages comportent des centaines de personnes. Mais on ne voit que les 5 ou 6 héros + 4 ou 5 figurants récurrents.
- Un des héros dit "hey toi !" et le bon figurant se retourne tandis que les autres ne bronchent pas.
- Toutes les consoles de vaisseau spatial ressemblent à des guirlandes de Noel clignotant dans tous les sens sans raison.
- Lorsque le vaisseau passe en mode alerte, la lumière baisse. Histoire que le héros puisse se ramasser en ne voyant pas bien alors qu'il y a super urgence.
- Le vaisseau ne tombe jamais en panne sauf pile poil au milieu d'une bataille ou quand il faut se barrer en extrême urgence. Et généralement, il suffit d'inverser deux fils au hasard pour que tout refonctionne. Variante Stargate : Inverser deux crystaux au hasard.
- Le centre de commande du vaisseau et la chambre du capitaine sont toujours à l'avant du vaisseau en plein milieu protégés par une simple vitre.
- Les intérieurs des vaisseaux ennemis sont toujours sombres.
- Peu importe les dégats subis, le vaisseau humain est nickel l'épisode suivant. Le vaisseau ennemi conserve toujours les traces des dégats.
- Les ordinateurs terrestres sont compatibles avec toutes les technologies de l'univers, et ça, sans programme spécial ou bidouillage à faire.
- A bord d'un vaisseau, quand il faut composer un équipage pour aller sur une planète hostile ou un vaisseau fantôme, on prend le commandant, le chef ingénieur, le chef de la sécurité, le chef médecin. Soit les personnes les plus importantes. Il y a toujours un représentant alien parmi eux. Et ces personnes s'en sortent toujours. Par contre, quand ils envoyent quelqu'un d'autre jamais vu encore, c'est sur et certain qu'il va mourir. Si on envoit une équipe d'anonymes avec l'équipe du chef, les anonymes meurent un par un jusqu'au dernier et à ce moment-là, l'équipe du chef percute que c'est dangereux.
- Les extraterrestres gentils sont toujours beaux qu'ils soient humaoïdes ou pas. Les aliens méchants sont toujours moches. Et si ils sont humanoïdes, ils ont généralement une démarche bizarre.
- Tout le monde parle anglais (ou français suivant la version). Certains séries l'expliquent de façon plus ou moins crédibles comme un machin injecté (Farscape) ou le traducteur universel (Star Trek). Mais peu importe le cas, lorsqu'ils arrivent dans un grand marché multiraces, toutes les conversation de fond se font en langue alien et pas en anglais.
- Peu importe la civilisation, la race et l'organisation politique des planètes rencontrées, la femelle est toujours inférieure au mâle.
- Toutes les espèces aliens ont une seule nation, une seule religion, un seul gouvernement. Parfois, ils ont une faction dissidente.
- Peu importe le niveau technologique et guerrier de la race alien, c'est l'humain qui l'emporte.
- Seuls les occidentaux vont dans l'espace. Seule la démocratie à l'américaine vaut le coup. D'ailleurs les espèces aliens s'empressent d'adopter un mode de vie à l'américaine après leur passage.
- Les héros humains peuvent anéantir un soleil ou une galaxie, l'univers n'est pas perturbé. Un alien change à peine la trajectoire d'une météorite et la structure même de l'univers est en danger.
- Les planètes "gentilles" ont toujours des mégalopoles étendues en hauteur et baignées dans le soleil. Plus on monte, plus la population est riche. Au niveau du sol, ils sont tous dépendants à une drogue quelconque. Sauf pile poil le premier personnage que rencontre le héros (généralement le capitaine séparé de son équipage). Et si tout semble idylique, c'est que cela cache quelque chose de pas net. A l'inverse, les planètes méchantes sont toujours sous la pluie et étendues horizontalement.
- La planète alien a toujours plusieurs soleils et/ou lunes. Histoire de rappeler au voyageur spatial qu'il n'est pas sur Terre au cas où il ne l'ait pas remarqué.
- Le capitaine fait toujours craquer une superbe alien par planète. La seule membre de l'équipage féminine dans l'équipe de la série est alors jalouse mais ne dit rien. Si un autre de l'équipage craque pour un alien et que ce membre d'équipage est un homme, il finit enceinte.
- Bien sûr, quasiment aucun de ces clichés ne s'appliquent à Battlestar Galactica. Tous s'appliquent plusieurs par saison aux séries Star Trek et Stargate.

A suivre !



dimanche 7 décembre 2008

Situations étranges et facilités dans les séries

clich8

Un petit article qui j'espère, vous fera un peu sourire.
Je vais un peu parler des situations qui sont propres aux fictions et pas à la réalité.

Par exemple, lorsque quelqu'un sonne à la porte, la sonnerie n'a pas fini de retentir que l'habitant ouvre la porte. Systématiquement. Le mieux est quand il précise qu'il était était dans la jardin ou sous la douche. Mais cela peut se comprendre. Imaginez cela dans la réalité. Il faut bien 30 secondes à une minute pour arriver à la porte. Imaginez maintenant à quel point cela serait passionant de voir le personnage attendre une minute à la porte ...
Dans le même genre d'idées, on a le téléphone fixe qui est toujours à moins de deux mètres du personnage. Jamais dans une autre pièce :)
En poussant un peu, on a la même logique dans les séries de SF spatiales. Dans Stargate, si ils ont sortis l'excuse que tous les humains de la galaxie viennent de la Terre et par conséquent par anglais, c'est parce que ça serait chiant de voir à chaque fois Jackson passer la moitié de l'épisode à décrypter la langue locale (cela a été confirmé en commentaires audio par un des producteurs exécutifs).
Dans le même genre d'idée, on a le fait que tout le monde parle anglais. Même ceux descendant de l'Egypte ancienne comme dans Stargate. Bah oui, toute la Terre parle anglais, c'est bien connu. Au moins, dans Star Trek, ils ont l'excuse du traducteur universel qui traduit en anglais.
Les races aliens ont 90% du temps une seule nation ,une seule religion, et fonctionne en caste. Et ils parlent anglais. De plus, soit ils sont loin de nous niveau évolution, soit super en avance, jamais du même niveau que nous.
Dans le même genre d'idées, entre eux, dans leur pays, les non américains parlent anglais (ou français en vf). Sauf dans Lost et Heroes où là, seuls les asiatiques parlent leur langue maternelle.
Ils sont tous habillés de la même façon et ont tous une anatomie humanoïde hormis la couleur de peau et quelques antennes.

Si on se penche sur les catastrophes, les héros vont toujours plus vite que le souffle d'une explosion. De même, ils ne sont jamais décoiffés alors que leur tenue peut être réduite en miettes. Sauf ce qu'il faut pour la pudeur (pensez au jean de Hulk qui était purement indestructible). Mieux encore, au fur et à mesure des minutes, les traces sur les lambeaux de vêtements et le visage s'attenuent, voire disparaissent, sans y toucher. Et le héros ne souffre jamais même sous la pire torture mais hurle à la mort dès que la belle infirmière essaye de lui soigner une petite blessure.
De même, si on est face à un monstre inconnu, il ne va jamais attaquer les héros en premier mais les inconnus les accompagnant. Et il faut en tuer plusieurs pour que les héros comprennent qu'il y a danger (hum Stargate ...)
Toutes les portes s'ouvrent facilement en crochetant la serrure, avec une carte de crédit ou un bon coup d'épaule. Bizarrement, dès que l'immeuble est en feu, qu'ils sont poursuivis par un monstre ou un truc dans le genre, les portes deviennent inviolables.

On peut aussi parler des situations de dépendance. Drogue mais surtout alcool. Les personnages ont beau être accro à mort, dès qu'un danger se présente, ils sont sobres. Et en plus, ils ne souffrent d'aucun problème de manque. Dans le même genre, un verre d'eau dans la gueule suffit à réveiller un mec ivre mort à cause de l'alcool et sans gueule de bois.
Dans le genre médical, un médecin se sent toujours obligé d'expliquer à son collègue les maladies et les traitements possibles. Et les ambulanciers ne se déplacent que pour choquer quelqu'un avant de l'amener à l'hôpital.

Dans le genre à succès, on peut parler des flics. 90% des chefs sont noirs. Et en plus, ils adorent coller à leur inspecteur star un partenaire en totale opposition. Et il suffit de lui retirer sa plaque ou de lui filer un délai de 24/48h pour qu'ils arrive enfin à résoudre une affaire insoluble. De même, ils ont toujours de quoi recharger leur arme. Et quand ils n'ont plus de munitions, soit une arme adverse traine par là, soit les autres sont aussi à court.
Si le héros est seul face à pleins d'ennemis et doit se battre à mains nues, les ennemis arrivent un par un, attendant chacun son tour.
En temps de guerre, un personnage principal ne meurt pas tant qu'il n'a pas montré sa dulcinée l'attendant à la maison. Si il montre une photo, il y passe dans les 15 minutes qui suivent.

On peut sauter de n'importe quelle hauteur sans se faire mal dès qu'il y a au moins 10 centimètres d'eau dans la piscine en dessous.
On n'a aucun problème à avancer au milieu de la forêt en pleine nuit noire.
Tous les ordinateurs ont la capacité technique de se connecter à n'importe quelle technologie alien. De même, tous gèrent la vidéo conférence en HD sans problème. C'est grâce aux connexions internet ultra performantes, même au milieu du désert qui sont capables aussi de transférer des Go de données à la seconde.
Les superbes femmes peuvent tomber amoureuses de mecs ou aliens moches. Les superbes mecs ne se tapent que des superbes créatures féminines.
Tout le monde pilote sans problème n'importe quel avion ou hélicoptère dès qu'il y a quelqu'un pour les guider par radio ou téléphone.
Le système de ventilation d'un immeuble est toujours suffisament large et solide pour accueillir plusieurs personnes et il leur permet d'aller n'importe où dans l'immeuble.
Quand on allume la télé, si c'est les infos, c'est une info qui touche le héros. Si c'est une fiction, c'est une fiction qu'il aime.
Le héros trouve toujours une place pour se garer devant l'immeuble où il va.

Le geek / sidekick qui sait se servir d'un ordinateur porte des lunettes ou est gros.
La femme enceinte qui apparait pour la première fois à toujours un tee shirt trop petit dévoilant son nombril et se frotte le ventre. Histoire de pas la confondre avec une grosse qui est elle est toujours dans des fringues super larges.
Si le héros a un jumeau/clone/ou copie d'un monde parallèle, il est méchant. Et il le sait parce que le chien reconnait toujours les bons des méchants en aboyant dessus.
Les ancètres ou descendants à plusieurs générations (genre moyen age ou 25eme siècle) du héros ont toujours la même tête que lui.
Un héros qui tousse est un héros au bord de la mort inévitable ou atteiont d'une maladie incurable. Sinon, le héros n'est jamais malade, n'éternue jamais, ne se mouche jamais. Sauf dans une sitcom et dans ce cas, c'est uniquement parce que l'intrigue le demande.
Le héros ne va jamais aux toilettes pour se vider. Il n'y va que pour parler en tête à tête à quelqu'un ou pour se faire kidnapper.
Une bombe n'est jamais désamorcée avant qu'il ne reste que 5 secondes ou moins. Sinon, c'est une fausse.
Quand le héros prend le taxi, il ne demande pas combien cela fait, ni même regarde dans son porte feuille. Le premier billet tombe toujours sur le bon montant ou plus (gardez la monnaie)
Lorsqu'une femme est coursée, elle trouve toujours le moyen de tomber. Mais elle arrive quand même à repartir juste avant que le méchant ne l'attrape.

Après on peut aussi taper dans les clichés propres au genre d'une série. Prenons les teen shows qui les cumulent :
- Les héros de 15 ans sont joués par des acteurs de 25.
- Le héros est toujours blanc. Il a toujours au moins une femme et un noir dans ses meilleurs amis pour la vie.
- La moitié de la saison est déjà bouclée par les épisodes type : bal de rentrée, Halloween, Thanksgiving, Noel, Nouvel An, St valentin, bal de fin d'année, remise des diplomes.
- Il y en a toujours un dans la bande qui foire son année et va devoir se taper les rattrapages l'été. Qu'il réussit toujours.
- Le héros est généralement un type moyen au début. Il est amoureux de la plus belle fille du lycée. Il sort avec elle et du coup, il devient canon (coiffure, fringues, ...)
- Le geek a toujours une famille fortunée. Et il se tape la deuxième plus belle fille du lycée forever. Ou alors, il est un serial niqueur (pensez Alex dans Buffy)
- La madame de la cantine est toujours grosse et pas contente d'être là.
- Les plats à la cantine sont toujours une bouillie immonde indescriptible ou alors des plats de rêve pour ados comme des burgers frites.
- Même si le héros est pauvre, mais qu'il est dans un super lycée de bourges, il aura une super bagnole à 100 000 dollars.
- La supra bitch du lycée se rend compte que le héros existe en saison 2 et devient une excellente amie en saison 3.
- Quand ils terminent le lycée, ils vont tous dans la même fac.
- Le héros n'a jamais de devoirs. Sauf si on lui impose un devoir en commun ou une aide avec la plus belle fille du lycée.
- Si le héros est une héroïne, c'est toujours une paumée tendance punk rock ou gothique. Mais tous les clichés du dessus s'appliquent.
- Il y a toujours une fête quelque part tous les soirs.
- Les parents du héros sont toujours cools et sympas. Ou absents.
- Le héros a toujours un frère rebelle ou superstar du lycée à son époque.
- Il y a toujours un des profs qui est chauve et une des profs qui est trop trop bonne (et généralement l'actrice est plus jeune que l'acteur jouant l'ado héros).
- Le prof de sport a toujours pleins de problèmes dans sa vie. Et il veut se taper la prof trop trop bonne du dessus.

On pourrait encore en citer pleins. Et dans tous les genres. J'y reviendrais peut-être. Si vous en avez d'autres, allez y.

L'image d'illustration provient de ce site.

dimanche 3 août 2008

La télé us est elle encore la reine des séries ?

fireAprès plusieurs tops sexy pour ces dames et demoiselles, voici le retour des articles sérieux et réfléchis. Oui, je vais vous obligé à réfléchir en ce début de mois d'août en pleine semi canicule.

Pour beaucoup de "nouveaux" fans, la série ne peut être bonne que si elle provient des Etats Unis. Les autres pays sont tout simplement à leurs yeux incapables de produire une série du niveau des séries américaines. Et je ne vais pas leur donner spécialement tort. Surtout si on se limite au paysage audiovisuel français qui ne produit que de très rares séries de qualité à tous les plans et qui s'exportent tant bien que mal. A part Engrenages et quelques séries Marathon (animées comme Totally Spies ou live comme Sous le soleil / St Tropez), nos productions n'envahissent que la Belgique et la Suisse, coproducteurs des Joséphine, Julie Lescault, Navarro et autres soeur Thérèse. Je ne vais pas revenir ici même sur les causes de la très faible qualité scénaristiques des productions hertziennes françaises (j'y reviendrais bientôt) mais plutôt m'attarder sur pourquoi aujourd'hui, les Etats Unis ne sont plus l'eldorado incontesté de la série haut de gamme.

Revenons un peu en arrière. Fin des années 80, années 90. La production américaine sous l'impulsion de HBO et de quelques scénaristes de génie a élevé le niveau des séries après une décennie d'improbables duos de justiciers (un homme et sa voiture parlante, un homme et son hélico, un juge et un pilote, ...). La production américaine a vécu une véritable révolution. Plusieurs séries ont purement réinventé les codes des différents genres : Hill Street Blues, Homicide et Law and order (New york police judiciaire) ont tout simplement réinventé le genre policier qui se cantonnait jusque là à un couple d'inspecteurs hors normes façon Starky et hutch. On peut y rattacher Un flic dans la mafia, Les Soprano et Oz qui ont tout simplement inventé des sous genres du policier. Urgences a réinventé le genre médical. Friends et Frasier ont réinventé la sitcom, X-Files a réinventé le fantastique, Beverly Hills, Dawson et Buffy ont réinventé le teen show. Melrose Place a réinventé le soap de prime time. Sex and the city a réinventé la série pour femmes, Les simpson a réinventé le dessin animé pour adultes.
Les années 90 ont vraiment donné un gros souffle de renouveau sur toute la production séries en réinventant tous les codes. Et cela s'est accompagné de la prise de pouvoir des scénaristes sur les séries. Ils étaient libres de faire ce qu'ils voulaient et la qualité était au rendez vous. Le réalisme fut le moteur de cette révolution.

Puis sont arrivées les années 2000. 8 ans se sont écoulés et que peut on retenir comme série innovante ? Les experts qui ont donné un nouveau visage au policier et 24 heures chrono, plus pour sa forme que pour son héros invulnérable qui semble venir d'un autre âge télévisuel. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de séries de bonne qualité, au contraire. C'est juste que les productions ne tiennent pas sur la longueur ou se contentent de copier une formule existante (les deux dérivés des experts, NCIS, Cold Case reprennent les codes posés par les experts.). D'autres s'emmèlent comme Lost qui ne sait pas trop à quel genre elle appartient et s'emmèle dans sa mythologie complexe. D'autres marquent les esprits et n'arrivent pas à gérer leur popularité (Desperate Housewives, Heroes). D'autres n'arrivent tout simplement pas à exploiter un potentiel de dingue (Heroes, Smallville, Prison Break). Enfin certaines n'ont pas su s'arrêter à temps (Urgences, Nip/Tuck).
C'est le gros point commun à ces années 2000. Les idées sont là mais leur exploitation ne suit pas. Urgences a tenu sa qualité et ses promesses pendant pas loin de 10 ans. X-files durant 7 ans comme Buffy. Les Simpson ont connu plus de 10 ans de gloire avant de baisser en qualité aux alentours de la saison 12. De nos jours, Desperate Housewives a connu une bonne première saison mais avec un passage mou au milieu, Heores a tenu même pas une demi saison, Smallville a laissé son potentiel au niveau du pitch, Nip Tuck a connu deux saisons exceptionnelles avant de s'effondrer lentement. Lost est bien trop irrégulier d'épisodes en épisodes pour pouvoir s'affirmer comme une oeuvre incontournable.
Seul le cable résiste avec ces séries performantes comme The Shield, Eureka, Mad Men et consorts. Seule 30 rock sur NBC a ce coté cable qui fonctionne. Et qu'est ce que le coté cable ? Une série faite avec amour et les moyens du bord. Une série qui ne se prétend pas être ce qu'elle n'est pas et qui ne pête pas plus haut que son cul. Une série qui a un domaine précis, s'y tient et le fait bien. Et surtout, ce sont des séries qui n'ont pas un culte large sur le net. Et en conséquence, aucune pression sur les créateurs pour faire plaisir à ces mêmes fans. On peut les remercier les fans: grâce à eux Izzie nous plombe Grey's Anatomy avec sa love story d'avec George.

Le problème de ce manque d'innovation et de réussite vient de la pression que subissent les séries. Elles coutent très cheres aujourd'hui et se doivent d'être rentables tout de suite. L'audience doit être au rendez vous dès le premier épisode sinon la série passe à la trappe. Donc forcément, les créateurs qui ont envie de manger à la fin du mois sont tentés de recopier ce qui fonctionnent. Et voilà la tripoté des experts en tous genres à la télévision. Cela entraine aussi une autre conséquence : L'exploitation des remakes en masse. une série fonctionnait il y a 20 ans ? pas de raison qu'elle se plante aujourd'hui. Après tout, les fans sont toujours vivants. Battlestar Galactica, Bionic Woman et aujourd'hui K2000. La croisière s'amuse l'an prochain ? Il est facile de produire un remake : le studio possède les droits, il y a déjà une image pour cette série et une base de fans à priori déjà acquise. Sauf que ces mêmes fans en veulent plus aujourd'hui qu'il y a 20 ans. D'où le succès de Battlestar Galactica et l'échec de Bionic Woman. L'une d'une qualité scénaristique sans précédent et sur le cable premium, l'autre changeant de staff à chaque épisode sur un grand network. L'une a offert plus sans obligation de résultat, l'autre n'a rien offert avec une obligation de résultat.

Cela montre le manque d'originalité dûe à un marché qui ne permet plus de prendre des risques. Et ce manque d'originalité s'accentue avec les adaptations de succès étrangers. Si ça a marché là-bas, pourquoi ça ne marcherait pas ici ? Le dirigeant américain est bête. Les marchés n'attendent pas les mêmes choses (ce qui explique le carton de Jane et tarzan sur TF1 alors que ça s'est planté partout ailleurs). Mais poussé par la réussite de l'adaptation de The Office (série britannique) et de Ugly Betty, NBC achète à tour de bras des droits pour les adapter. Hop, une série anglaise par là, une série australienne par ici. Et même une série française qui ne fonctionne pas terrible chez nous pour ABC, à savoir Fais pas ci, fais pas ça. Si les américains viennent à adapter des produits français, c'est que la crise a frappé Hollywood. A quand Navarro version new yorkaise et Louis la brocante à Washington ?

Certes, on pourrait avancer la grève des scénaristes qui a mis à mal beaucoup de projets pour la saison à venir. Mais je ne suis pas d'accord. La grève a peut-être eu un impact, notamment sur certains renouvellements de séries qui n'auraient jamais passé le cap de la saison 1 en temps normal. Mais pas sur les "nouvelles" créations. C'est un phénomène déjà ancrée depuis bien avant. les remakes se multipliaient déjà et les adaptations aussi. La grève n'a eu qu'éventuellement un effet accélérateur sur ce phénomène.

Et si on peut rouler des yeux au sujet des remakes, il n'en est pas forcément de même sur les adaptations. Car il faut être honnête, les autres pays ont rattrapé leur retard en matière de production locale et on le voit dans nos grilles françaises. France 2 mise beaucoup sur les séries ados australiennes et les anglais ont envahi nos soirées d'été avec plus d'une dizaine de séries en programation actuellement (MI-5 sur 2 chaines, Life on mars, les arnaqueurs VIP, Hex, Red Cap, Miss Marple, ...). Et la plupart des séries anglaises sont d'une qualité qui n'a rien a envier aux meilleures productions américaines. Les anglais se payent même le luxe de battre les américains dans un type de série où ils se cassent régulièrement la gueule : la série de voleurs avec les arnaqueurs VIP. Mais alors pourquoi les chaines américaines ne diffusent pas la version originale tout simplement ? Les américains pensent honnêtement pouvoir faire mieux que les anglais sur Life on Mars ? Une série résolue en 16 épisodes en Angleterre qui risque de s'embourber dans un bête cop show d'un autre âge parce que les américains vont vouloir en faire trop d'épisodes. La seule adaptation possible, c'est lorsqu'on change le format à l'instar de Ugly Betty ce qui rend la comparaison quasi impossible ou quand le créateur original se charge de l'adaptation comme Ricky Gervais pour the Office (qui pourtant montre rapidement des signes d'essouflement dû à un format trop large avec les saisons us à 22/24 épisodes). Mi-5 est pourtant diffusé telle quelle tout comme Doctor Who sur des petites chaines us. Pourquoi les grands networks ne prennent pas ce risque ? La qualité anglaise est là, seul l'accent pourrait perturber l'ami américain.

Certes, on n'a que le haut du panier de la production anglaise qui produit elle aussi de belles merdes. Oui, on n'a pas forcément le meilleur de la production australienne dont on ignore tout. Oui, on n'a pas forcément tous les bijoux non américains. Mais peut on encore dire qu'il y a de vrais bijoux à l'heure actuelle à la télé us qui nous abreuve du meilleur comme du pire de sa production ? Ou bien n'est on plus capables de voir la qualité actuelle après une décennie révolutionnaire et qualitative ? Et après tout, pourquoi ne vouloir que du super tip top scénaristiquement parlant ? Le principal est avant tout de prendre plaisir à regarder une série. Peu importe sa qualité, peu importe son origine, tout ce qu'on lui demande, c'est de nous plaire.

Posté par Speedu à 14:24 - Articles : Analyses de fond - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 14 juillet 2008

Nos amis les boulets et les plantes vertes

bouletEt oui, en ce jour de révolution, de fête nationale, de beuverie et de "a la queue leu leu" dans les bals populaires et de feux d'artifice, voici un article qui va mettre à l'honneur les boulets. Pendant longtemps, j'ai simplement voulu faire la biographie de Tao mais je me suis que cela serait trop simple, trop évident et pas assez méchant. Donc j'ai laissé tombé Tao comme modèle de boulet pour me concentrer sur les vrais boulets. Ceux qui nous font profondément soupirer et donnent envie d'appuyer sur avance rapide jusqu'à la scène suivante.
Et puis, ça va être marrant parce que je sens que je vais me faire insulter par les défenseurs des personnages que je vais citer.

Mais qu'est ce donc qu'un boulet au juste ? D'après le dictionnaire, c'est soit un projectile sphérique en pierre ou en métal avec lesquels on chargeait les canons, soit une boule de fer que l'on attachait à l'aide d'une chaine aux pieds des forçats dans le but de les entraver, les retarder, les géner. Par extension, un boulet est une personne perçue comme une charge, une source de contrainte. C'est donc un personnage qui emmerde les héros dans leur quête en se tapant des intrigues inutiles et chiantes.

Et c'est là la grosse différence avec la plante verte. La plante verte, c'est un personnage qui apparait au générique et dans plusieurs scènes de l'épisode mais qui ne sert strictement à rien. Il est au fond du décor et attend pour suivre les autres sans discuter. On peut citer en exemple Ronon de Stargate Atlantis, Teal'c de Stargate SG1, Nessa dans Las Vegas ou encore Claire dans Lost.
La plante verte, n'intervenant pas dans les intrigues mais les regardant tout comme nous, n'est donc pas chiante. Mais comme le boulet, on aimerait bien s'en passer.

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"N'oubliez pas de nous arroser avant de partir en vacances !"

Sauf qu'on ne se débarrassera jamais des boulets parce qu'ils sont bien trop pratiques pour les scénaristes. Et oui, un boulet sert à combler le temps et remplir les épisodes (Dawn et sa cleptomanie et sa crise d'adolescence de merde en saisons 6 et 7 de Buffy par exemple). Parfois, ce sont des intrigues boulets (la love story Meredith/Derek par exemple). Le pire est quand même les intrigues boulets avec un personnage boulet (la love story Izzie/n'importe qui dans Grey's Anatomy, LJ Burrows dans Prison Break pour l'ensemble de sa splendide carrière, Pratt dans urgences.).
Et puis, le boulet a aussi une utilité indirecte : il magnifie le héros. Buffy apparait encore plus forte à nos yeux puisqu'elle supporte Dawn sans broncher alors que nous, on l'aurait déjà plonger dans un bain d'acide. Michael Scofield devient l'homme parfait parce qu'il se sacrifie pour un boulet et pas simplement une femme.
Le boulet est donc l'ennemi. Mais on ne peut rien y  faire. Il est là et reste là. Il y aurait pourtant une façon simple de les éliminer : composer les castings que d'hommes de plus de 25 ans. Oui, si vous regardez bien 90% des boulets sont des femmes ou des ados. Alors quand se sont des femmes ados ... Lana Lang, je pense à toi.

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"On est des boulets et on est fiers de l'être."                  "On couche avec les producteurs pour rester dans la série !"

Mais finalement, quel serait l'intérêt d'une série sans ses boulets ? Lincoln et Michael seraient tranquilles au Panama plutôt qu'à Sona sans LJ et Sara. Niki Sanders, la heroes, profiterait tranquillement de ses millions sans Micah. Jack Bauer n'aurait pas mis 24 heures mais 8 pour sauver le monde si Kim n'avait pas eu la bonne idée d'aller chasser le couguar avec un psychopate. Bon, ça ne marche pas à tous les coups. On retire Pratt de Urgences ou Dawn de Buffy, ça ne change rien à l'histoire. C'est ainsi qu'on peut désigner les rois du boulet : un personnage chiant qui se tape des intrigues artificielles chiantes et que si il était pas là, ça n'influencerait pas la trame de la saison. Ce sont les ultimes boulets et dans ce cas là, il n'y a qu'une seule solution : zapper.

Et pour vous qui est le boulet ultime ?

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dimanche 29 juin 2008

L'été dans les séries.

eteOui, miracle, un article ! Oui, les articles sont de retour !

L'été dans les séries ... vaste sujet dirais-je. Mais dans ce cas là, je mens effrontément. Oui, l'été dans les séries est une saison maudite, trop rarement exploitée. Pourtant, l'été se prête bien aux séries : des tenues légères et des relations amoureuses encore et encore. Des corps nus qui passent leur temps à se tripoter. Un programme de rêve pour une chaine comme la CW et ça changera des bitchs pétées de thunes qui ont une vie trop trop dure ("Gucci ou Armani ? Alala, je ne sais pas, ça me déprime trop. Et l'autre pétasse de Veronica Mars qui va se moquer de mes trop dures choix à faire sur son blog ..." Pour ceux qui n'ont pas compris : GOssip Girl. Ou Priviliged aussi l'an prochain, ex Surviving the rich, ex How to teach to filthy rich girls) ou des kryptoniens sauveurs du Kansas d'abord et du monde peut-être un jour.

Non, 90% des séries sont formatées par leur diffusion. De septembre à mai pour une saison et la saison s'y applique en suivant plus ou moins en temps réel cette saison. On retrouve ainsi la semaine de l'évènement en vrai, l'évènement dans les séries : Halloween, Thanksgiving, Noel, St Valentin et même Springbreak. Friends par exemple, n'en a quasiment raté aucune.
Du coup, en raison de ce format, l'été est oublié. Tout au mieux, on évoque la veille de la rentrée dans le premier épisode de la saison (Comme dans Buffy) ou le début des vacances en tout fin de saison (Mes plus belles années / American Dreams fin de saison 1 où les 3 derniers épisodes se déroulent à la plage). C'est d'autant plus rageant qu'entre deux saison,s durant l'été non dit, des changements interviennent comme un couple qui revient séparé ou pour citer encore Buffy, son installation à Los Angeles au début de la saison 3 qui ne sont pas montrés, juste évoqués.

Tournons nous alors vers les séries d'été du cable. Diffusées de Juin à septembre/octobre, on pourrait les imaginer suivre le rythme estival. Mais non. On retrouve très pe ude séries exploitant la spécificité de la saison d'été. Pourquoi personne n'utilise cette saison ? Prenons Kyle XY dont une grande partie de la saison 1 se déroule en été. On ne s'en rend pas compte.
On pourrait facilement avancer le fait qu'on ne fait rien en été. Mais la situation professionnelle ou scolaire est rarement exploitée. Tout au mieux, le lieu "professionnel" est un prétexte à une intrigue tout autre (comme un porf mante religieuse dans Buffy). Et quand on est dans le cadre d'une série professionnelle, on bosse bien l'été. Tiens, prenons Urgences. Il n'y a pas de malades et de blessés en été ? Qu'on soit en été ou en hiver, un accident de la route reste un accident de la route. Si il faut amputer, la saison importe peu. Pourtant Urgences ne traite jamais de la saison estivale. Las vampires de Buffy ne boivent pas de sang en été ?  Personne ne tue personne à Las Vegas, Miami ou Manhattan ? "Je vais te tuer !" - "Non tu ne peux pas, on est en juillet et Grissom est parti en vacances. Tue moi en septembre"

En fait, si on veut retrouver les codes de l'été, il faut se tourner vers les séries dans un univers particulier. Comme Alerte à Malibu. Heureusement, Mitch désamorce des bombes nucléaires dans les cabines de sauveteur ou fracasse à mains nues les requins quelque soit la saison. Las Vegas est dans le même genre. C'est la première série qui passe Noel en bikini (enfin il me semble) et où la piscine de l'hôtel rappelle la plage. Fastlane est aussi un peu dans le même esprit estival. Il faut donc se tourner vers les séries bling bling pour voir du soleil et des bikini et des torses d'hommes nus quelque soit la préiode de l'année. Les meilleures séries en fait :)

Bien sûr, quelques séries comme Young Americans exploite l'été mais elles sont très rares. Vous avez probablement plusieurs exemples à citer ;)

Posté par Speedu à 13:01 - Articles : Analyses de fond - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 11 mai 2008

L'art du sous titrage

voyeurAprès avoir vu la technique permettant au public de découvrir une fiction tournée dans une langue étrangère la plus répandue par chez nous, à savoir le doublage, cet article va s'intéresser à une technique moins souvent utilisée, celle du sous titrage. Le sous titrage consiste, je le rappelle, à incruster la traduction des paroles en bas de l'écran (sur les cotés au Japon). Bien que cette technique soit minoritaire chez nous, elle est dominante dans les petits pays, principalement du nord de l'europe pour une simple raison de cout, le doublage revenant trop cher pour une population de quelques millions de personnes à peine (alors qu'une version française concerne 60 millions de français + nos amis belges, suisses et parfois québéquois, sans compter l'Afrique du nord et les Dom Tom)

- Le sous titrage dit "classique" :
Il obéit à plusieurs règles techniques faites pour convenir à la lecture d'un maximum de personnes.  Il faut tout d'abord compter une moyenne de 2 secondes par lecture d'une ligne (15 caractères à la secondes). Et les lignes obéissent à une justification qui fait qu'on ne peut mettre plus de 40 caractères par ligne au cinéma et en DVD, 36 en télévision et 32 en télétexte.

Là où l'élément clé du doublage est la bande rythmo, l'élément clé du sous titrage est le time-code. Celui ci est le "chronomètre" du film, indiquant le temps image par image. Il permet à la première étape de réperer le début des dialogues, la fin des dialogues, les changements de plans et ainsi, l'adaptateur sait de combien de caractères il dispose pour sa traduction du dialogue. Aujourd'hui, l'évolution des logiciels permet à un traducteur de faire lui-même les repérage même si ce sont deux travaux différents (le repérage est rémunéré en salaire, la traduction en droits d'auteur). Le repérage prend en moyenne un à deux jours.

On passe ensuite les dialogues time-codés au traducteur qui établit sa traduction en fonction de diverses données comme le nombre de caractères mais aussi le respect des dialogues, le niveau de languages et tout cela, tout en subissant les exigeances éventuelles des commanditaires du sous titrage (chaine ou distributeur pour un film).
La traduction est aujourd'hui très fidèle au dialogues originaux contrairement a udébut du sous titrages où les sous titres avaient plus une fonction descriptive. Aujourd'hui, seuls les dialogues sont indiqués de manière la plus consise et proche des dialogues originaux.

On passe ensuite à l'étape de la simulation. Un technicien de simulation va voir si il n'y a pas d'erreur dans les sous titres, si ceux ci sont bien placés, si leur défilement n'est pas trop rapide, etc ... de manière à avoir le meilleur sous titre possible à l'arrivée. Son travail est donc très important.

Enfin, le tout est envoyé en gravure (film) ou incrustation (télé) de manière à graver ou incruster les sous titres sur la bande (ciné) ou les masters (télé). C'est donc du Hard sub.
On notera qu'avec l'expension du numérique, le soft sub est de plus en plus pratiqué, les sous titres étant sur un piste à part, comme sur un DVD ou lors d'une diffusion télé en version multilingues.

- Le sous titrage pour sourds et malentendants ou Teletexte :
La réalisation d'un sous titrage teletexte (ou pour sourds et malentendants) est une obligation légale. D'ici 2010, la totalité des chaines hertziennes (TF1, France 2, 3, 5, M6 et Canal +) devront avoir la totalité de leur programme sous titrés à l'exception des pubs. Sont également incluses dans cette obligation, toutes les chaines dont l'audience moyenne dépasse les 2,5% de parts de marché. Pour l'instant, on est loin de cela, France 2 et 5 oscillant autour des 30% de programmes sous titrés, France 3 et TF1 dans les 25% et M6 dans les 10%

Le sous titrage télétexte n'est pas fait dans la même optique qu'un sous titrage "classique". Il faut être encore plus concis car il faut indiquer les bruits à l'écran, et notamment les musiques ou bien les gestes hors champs que nous entendons (une porte qui claque par exemple alors que la caméra ne filme pas cela. Le sous titrage télétexte retransmet donc plus l'idée du dialogue qu'une traduction littérale.
Aucune norme n'est posée officiellment même si on retrouve les mêmes choses en général d'une chaine à l'autre comme le sous titre apposé sous celui qui parle, les codes couleurs (blanc si personnage à l'écran, jaune si il n'est pas à l'écran, rouge pour les bruitages, ...). Le niveau de détails dépend de la chaine, certaines demandant tous les bruitages (y compris indication du type de musique sans incidence, comme Canal +), d'autres ne demandent que l'essentiel à la compréhension, dans le but de ne pas alourdir le sous titrage.
Attention, le sous titrage TV5 n'obéit pas aux mêmes règles puisqu'il est à destination de ceux apprenant le français et est donc plus proche d'un sous titrage classique que d'un sous titrage télétexte.

On peut inclure ici même le sous titrage en direct, qui passe par le biais du télétexte. TF1 l'utilise pour ces journaux télévisés. Plusieurs façons de retranscrire existent : vélotypie (un technicien écoute et synthètise le texte, l'autre le tape en vélotypie pour reproduire les syllabes), dactylographie , sténotypie assistée par ordinateur (retranscription de sons par le biais de code) et reconnaissance vocale.
La reconnaissance vocale est la plus pratique pour ce type d'exercice : Un opérateur répète ce qui est dit en incluant la ponctuation de manière à éviter une mauvaise reconnaissance dû à un mauvais son ou un bruit de fond ou d'ambiance. L'ordinateur retranscrit cela et une seconde personne vérifie qu'il n'y ait pas d'erreur avant d'envoyer le texte. La durée de décalage est d'environ 4 secondes. C'est le meilleur compromis vitesse/qualité.

- Le fan sub : un sous titrage amateur.
Le fan sub est évidamment énormément utilisé dans les téléchargements illégaux et sa pratique vient originellement de l'animation japonaise, étant donné le peu de monde comprenant la langue japonaise. Aujourd'hui, il est étendu aux séries live américaines mais aussi à tout type de programmes trouvables sur internet. Il se présente de deux façon : hard sub ou soft sub, le hard sub imposant les sous titres avec l'image, le soft sub étant un sous titrage à part que le lecteur comme VLC se charge de synchroniser avec l'image.
le fan sub existait avant même internet, les cassettes vhs s'échangeant sous le manteau. L'explosion d'internet et la facilité d'utilisation des logiciels permet aujourd'hui à n'importe qui de réaliser un fan sub et de le distribuer à très grande échelle.
J'en profite pour rappeler que cela reste illégal (voir un article précédent là-dessus). Il y a néanmoins, une sorte d'entente tacite au niveau de l'animation : tant que la série n'estp as licencié en France, le fansub est toléré. Néanmoins, cela pose des problèmes pour les séris longues de type One Piece ou Naruto qui ont pas mal de retard. Le fan sub des derniers épisodes est il toléré ? Dans le cas de One Piece dont le Japon vient de diffuser le 350ème épisode, quel est sa situation alors que Kana Video a annoncé l'acquisition de la license et va exploiter dans un premier temps les 150 premiers épisodes ?
L'idée est de faire connaitre par le fan sub une série, ce qui peut potentiellement augmenter son public. Mais cela a un effet pervers : ceux qui l'ont vu en fan sub n'achèteront pas forcément les dvd officiels, les ayant déjà gravé au préalable bien souvent.

Le fan sub est réalisé par ce qu'on appelle une team. Chacun s'occupe d'une étape particulière pour gagner du temps : traduction, vérification de la traduction, karaoké, encodage, ...
Le fan sub n'obéit à aucune règle particulière ce qui peut rendre parfois la lecture pénible : trop d'erreur de français inadmissibles, longueur des phrases traduites littéralement, annotations inutiles, ...
Certains points tout de même pour les fan sub : la police de caractère qui n'est pas classique ainsi qu'une utilisation de couleurs pour différencier les dialogues. Du moins pour les animes japonais. Le problème est que la police et les couleurs ne sont pas toujours forcément très bien choisies.
La plupart de ces problèmes sont surtout dû à une sorte de course à la sortie du fan sub, surtout dans les séries populaires comme Bleach, Naruto ou One Piece. Idem en séries us avec Prison Break, Lost, Heroes ou Dr House. Plus on veut aller vite, plus l'orthographe et la synchronisation ne seront pas tip top.
De plus, dans le cas des animes japonais, la traduction est le plus souvent réalisée à partir d'une traduction américaine. Traduire une traduction, c'est comme photocopier une photocopie, on perd en qualité. Surtout que les américains fonctionnent comme les français à la course à la rapidité.

Comme on le voit, hormis le fan sub, le sous titrage, comme le doublage, répond à des contraintes très importantes lui aussi et mérite lui aussi du respect. on peut applaudir sa plus grande fidélité aux dialogues originaux mais leur présence à l'écran empèchent une totale immersion comme peut le faire la vf, la lecture des sous titres entrainant une inattention momentannée par rapport à l'action. Pour tout pour, il y a un contre et aucune solution n'est parfaite mais les deux combinés peuvent satisfaire tout le monde. Vive la VM qui combine Sous titres et doublage et qui devrait être imposé sur tous les programmes étrangers pour les chaines diffusées en numérique (et elles le seront toutes en 2011). Malheureusement, comme pour le doublage, le sous titrage a un coût lui aussi, certes moins important mais tout de même.

> A suivre : Dead like me.

Posté par Speedu à 14:37 - Articles : Analyses de fond - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 4 mai 2008

L'art du doublage

photo01Oui, un petit article explicatif mais non exhaustif sur le processus de doublage d'une série (ça s'applique aussi aux films) pour que vous ayez conscience de la longueur que cela peut prendre.
Je me permets de commencer par un rappel : un doubleur est le dirigeant d'une société de doublage. Le terme ne s'applique pas aux comédiens qui font du doublage. Ce sont des comédiens, point barre. A la limite, on peut parler de comédiens spécialisés dans le doublage ou vulgairement de comédiens de doublage.

La clé du doublage : la bande rythmo
C'est la bande en bas de l'image qui illustre l'article. Le texte défile en bas de l'écran et le comédien lit les mots au moment où ils passent sur le trait vertical à gauche ce qui assure la synchronisation des mots avec les mouvements des lèvres. l'écriture sera plus ou moins serrée suivant la rapidité du dialogue.

1ère étape : La détection.
Le studio reçoit les bandes originales et confie à un détecteur le son de recopier la vo sur une bande mère au rythme des dialogues. Il y ajoute toutes les indications nécessaires à l'adaptateur et à l'ingénieur du son comme les changements de plan ou les boucles (les boucles durent une minute maximum, c'est le temps moyen durant lequel un comédien peut travailler sans s'interrompre.)
Le détecteur réalise également un tableau (le croisillé) qui servira au directeur de plateau lors des enregistrements. Y sont indiqués le nombre de personnages dans la scène ainsi que leurs noms et leur importance en terme de dialogues prononcés.

2ème étape : L'adaptation.
L'adaptateur reçoit le fichier vidéo, le script vo ainsi que la bande mère. Son rôle est de traduire les dialogues tout en veillant à ce que cela sonne bien en français, que cela soit synchronisé avec le mouvement des lèvres des comédiens à l'image et que cela respecte le niveau de language de ces personnages. Le but est que le téléspectateur ait l'illusion que le programme fut tourné en français. Ce synchronisme imposé explique en partie pourquoi les traductions ne sont pas littérales et que certains éléments sautent (dû aux différences de longueur entre les langues pour exprimer la même idée).
En général, l'adaptateur s'assure de ce synchronisme en faisant défiler l'image et en prononçant lui-même les paroles pour voir si ça va.
Il y a un vrai travail d'écriture à ce niveau là, surtout dans les séries où les dialogues originaux sont très travaillés, pelins de références et d'expressions significatives.
Il écrit son travail sous la transcription des dialogues originaux fait lors de la détection.

3ème étape : La vérification et la calligraphie.
La vérification n'est pas systématique. L'adaptateur lit ses répliques tandis que le directeur de plateau (qui dirigera les comédiens) se concentre sur l'image et ce qu'il entend pour voir si cela fait vrai et passe bien. Il corrige les éventuelles répétitions de mots, le naturel des dialogues et les éventuelles incohérences dans les noms et les vouvoiements/tutoiements.
Certaines chaines demandent les scripts à ce moment là et imposent des modifications (ne pas utiliser tel terme, telle marque, ...)
Une fois le texte approuvé, il est confié à une calligraphe qui le réécrira sur la bande rythmo définitive qui défilera devant les comédiens. Cette bande est transparente, ce qui lui permet de la superposer à la bande mère et réécrire par dessus l'adaptation, ce qui évite les décalages dans la rapidité des lignes. L'adaptateur vérifie alors que la calligraphe l'a bien recopié.

4ème étape : L'enregistrement.
Un directeur de plateau va "mettre en scène" les comédiens de doublage. Ils les choisit en premier lieu (et ce fut longtemps sur un critère de ressemblance physique avec l'acteur original et non une ressemblance de voix). Parfois, les comédiens sont imposés par les chaines (ou le distributeur dans le cas d'un film). La tendance est à la conservation des comédiens prétant habituellement leur voix à un comédien. (Ainsi Claire Guyot prête sa voix à quasiment toutes les séries, films et téléfilms de Teri Hatcher et Sarah Michelle Gellar puisqu'elle prêtait sa voix à ces deux actrices dans les rôles les ayant fait connaitre au public : Lois et Clark et Buffy).
Les scènes peuvent être enregistrer avec tous les comédiens de doublage présents ou bien chacun son tour lorsqu'ils sont disponibles. Il se peut qu'un comédien soit seul et donne la réplique à "personne", le comédien de doublage ne venant enregistrer ses répliques que le lendemain par exemple. En général, les comédiens n'enregistrent que leurs scènes et n'assitent pas au doublage de tout l'épisode ce qui fait qu'ils n'ont qu'une vision partielle de chaque épisode.
Les comédiens peuvent regarder la scène en vo une première fois pour s'imprégner de l'ambiance mais cela saute lorsque le temps est compté. Le directeur de plateau est là pour leur indiquer le ton à prendre dans la scène. Il donne également des indications sur les subtilités de jeu à donner pour faire écho à un évènement futur de l'épisode (puisque lui l'a vu en entier auparavant).
Parfois, tous les comédiens peuvent être présents et attendent en retrait leurs scène. Ils assitent alors à tout le programme. Mais cela n'est pas le cas le plus courant, surtout au niveau des séries.

5ème étape : Le mixage.
Une fois l'enregistrement terminé, l'ingénieur du son se charge de mixer les voix avec la bande internationnale (bande sonore fournit par la production comprenant tous les bruitages d'ambiance mais pas les voix originales). Il veille à ce que les volumes sonores (chuchotements, cris, ...) soient justes ainsi que les effets de voix (dans une radio par exemple). Il s'assure également du synchronisme avec les mouvements de lèvres et montant à l'image près les voix (les comédiens de doublage ne disant pas forcément tous les mots pile au bon instant.) Sur un film, un monteur son intervient et recale entre 70 et 100% des phrases en déplaçant un mot, une syllabe voir une lettre ou en raccourcissant ou acélérant pour compenser les décalages de l'ordre d'une demi seconde à une seconde. Les séries et téléfilms n'ont pas droit à cette intervention et donc un traitement si poussé en raison d'un budget inférieur.
A l'issue de cette étape, le programme est prêt à être diffusé en version française à la télévision ou sur un écran de cinéma.

L'alternative numérique :
L'arrivée du numérique dans le doublage permet un regroupement des rôles, une même personne pouvant exécuter à la fois la détection, l'adaptation et la calligraphie grâce aux différents logiciels. Pour les comédiens, rien ne change à part qu'ils lisent une police de charactère au lieu de l'écriture d'une personne.

Les problèmes rencontrés par le doublage :
Toutes ces étapes prennent du temps. Plus le temps alloué à chaque étape sera long, meilleur sera le résultat final. Ce qui explique qu'on ne peut pas avoir une version française de bonne qualité rapidement après la diffusion dans le pays d'origine. Plus le délai sera court, plus l'adaptation ne sera pas optimum, moins de vérification il y aura, moins le mixage sera soigné. Il est arrivé que sur Smallville (la fin de saison 4 ou 5, je ne sais plus), le doublage de l'épisode s'est terminé le vendredi après midi pour une diffusion le samedi soir, soit 24 heures plus tard. Le doublage a donc été fait à l'arrache et cela se sentait lors de la diffusion.
En plus, les adaptateurs doivent faire face à l'ingéreance des chaines. Il y a une liste noire de termes à ne pas utiliser. Les "merde" et "putain" sont encore très rares aujourd'hui et encore, le nombre reste limité par épisode. Tout cela tend à adoucir les dialogues. Sans compter les termes sans raison comme par exemple, dans la série allemande "Ma vie à moi" (diffusée sur France 2 dans KD2A) où la chaine avait demandé à remplacer tous les "turcs" par "skatteurs" dans une intrigue implicant la communauté turque. L'épisode en devenait incompréhensible et risible vu qu'aucun "skatteur" n'ait vu à aucun moment avec un skate à la main. Ou encore les dialogues à refaire adoucis parce qu'entre temps, la chaine a choisi un autre créneau horaire pour la diffusion (exemple de Malcolm prévu à 20h puis relégué à midi où les dialogues doivent être plus familliaux qu'à 20h). Il y a d'ailleurs un mouvement de grogne assez important envers les pratiques des chaines puisqu'avec le développement et l'accessibilité de la vo, les gens se rendent compte du massacre et ces pratiques des chaines n'aident pas à valoriser la vf face à la vost.

Pendant longtemps, le doublage fut très mal vu par la profession des comédiens. Il valait mieux tourner dans une merde innomable que de doubler une fiction de qualité. Cela a conduit à la grève de 1995 pour plus de reconnaissance des comédiens de doublage, grève ayant abouti à l'obligation de faire apparaitre au générique le nom des comédiens ayant prété leur voix. Le problème est qu'aujourd'hui, les génériques de fin sont très, trop souvent zappés par les chaines et que les DVD font apparaitre les crédits en vo (donc sans les doubleurs qui ont un vieux panneau après le générique quand plus personne ne regarde).
Une autre revendication récurrente concerne les salaires. Pour les adaptateurs, ils sont normalement payés à la ligne mais la pratique du forfait est de plus en plus pratiqué, ce qui les pénalise. De même que lors d'une fusion des fonctions avec le numérique, la détection doit être rémunéré en salaire alors que l'adaptation est rémunérée en droits d'auteurs.
Pour les comédiens, ils sont payés à la ligne et touchent la même chose, peu importe le nombre de diffusion et l'exploitation vidéo. Cela avait conduit notamment les comédiens travaillant sur Friends à demander une rémunération plus juste à l'issue de la saison 8. Résultat : AB qui commandait le doublage les a viré et remplacé.

Comme je viens de vous exposer, le doublage est souvent décrié alors que c'est une mission peu évidente, soumise à énormément de contraintes. En plus, beaucoup critiquent la qualité de la vf alors qu'elle est un des doublages les plus réussis. Les frontaliers peuvent comparer avec les versions allemandes, italiennes ou espagnoles et ils verront la différence même sans comprendre. Les italiens sont de véritables TGV pour faire rentrer 4 lignes dans des mouvements de lèvres n'en faisant qu'une. Mais le pire reste dans les pays de l'est où la pratique de la lecture est répandu. Un mec vient et lit par dessus la vo avec des jolis 'il dit que, elle répond que ..." sans le moindre jeu ou émotion. Cela se constate sur certains DVD de séries comme les premières saisons des Simpson qui comprennaient moultes langues (et pas forcément les mêmes d'un DVD à l'autre d'un même coffret).
J'espère que cet article rendra un peu moins virulents les anti vo à défaut de les rendre pro vf :)

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dimanche 20 avril 2008

DVD : La solution parfaite pour les sériephiles ?

mario_dvd_attackDVD. Trois lettres. Un acronyme. Digital Versatil Disk ou Digital Video Disk. Versatile ou Video ? Les deux sont acceptés, l'industrie n'ayant jamais officiellement tranché. Je vais vous épargner l'historique et les spécificités techniques du DVD qu'on trouve facilement sur Wikipedia par exemple. Et puis si je me lance là-dedans, je perds Axelle alors ... On va se contenter de dire qu'il a permis aux séries de rentrer dans de nombreux foyers, bien plus que les VHS et il a permis surtout de mettre à disposition du tout le public des séries de chaines pas forcément accessibles à tous (Star Trek par exemple, diffusé uniquement dans son intégralité sur Jimmy puis Sci Fi, W9 s'étant contenté de quelques épisodes de ST : la nouvelle génération. Grâce aux DVD, n'importe qui pouvait suivre les aventures des différentes équipes de la Fédération contre l'Empire Klingon, les Borgs, le DOminion et autres races et alliances extraterrestres).

A coté de cet avantage non négligeable, l'autre grande particularité du format DVD est de proposer à la fois la version française et la version originale (avec et sans sous titres). Les oeuvres sont enfin accessibles à tous dans leur langue d'origine et on peut profiter des interprétations des acteurs plutôt que celles du comédien le doublant.

Troisième avantage du format DVD : les bonus. Commentaires, making off, etc ... Ou comment nait votre série préférée et comment qu'il est trop drôle en vrai David Boreanaz. Un vrai plus qui tue un peu la magie mais permet de nous rendre compte que réaliser une série un vrai travail de titan.

Quatrième avantage : la disponibilité. Le DVD permet encore plus qu'une VHS de regarder quand on veut un épisode et au rythme qu'on veut. Il suffit de mettre la galette dans le lecteur et choisir l'épisode qu'on souhaite visionner et c'est parti là où sur une VHS, il fallait rembobiner au bon endroit pour voir l'épisode qu'on souhaite.
Et puis fini la guerre des pro un épisode par semaine ou trois épisodes par semaine. Chacun regarde à son propre rythme même si beaucoup sont comme moi et ont tendance à mater plusieurs épisodes à la suite. On peut même se faire les 16 heures d'une journée de Jack Bauer en une seule fois avec comme uniques pauses les temps de changement de la galette.

Dernier avantage : sauf si vous décidez de voir qui des gravillons et du DVD est le plus fort, le DVD reste intact, l'image d'une qualité exemplaire ne bouge pas au fil du temps et des diffusions contrairement à une VHS qui s'use.

Pourtant, tout n'est pas rose au royaume du DVD, principalement dûs aux éditeurs.
- Les bonus : Bien que notre édition DVD arrive après l'édition américaine la plupart du temps, nos dvd sont dépourvus de tous les bonus. Certains comme FOX inclus en règle générale la totalité des bonus, y compris les pistes de commentaires audio avec sous titrages. C'est même le seul éditeur à nous avoir proposé une série en avant première DVD (il me semble) avec Buffy qui du coup voit son édition américaine plus complète en bonus car les bonus étaient en cours de réalisation  lors de la sortie française. On ne peut regretter qu'une seule chose : Que la FOX n'ait pas inclu ces bonus dans ces rééditions de Buffy.
Certains éditeurs sélectionnent les bonus et n'en mettent que quelques uns, faisant sauter en premier les commentaires, ce qui évite un sous titrage fastidieux, surtout quand ils sont plusieurs à commenter. C'est malheureux.
Bien que les bonus soient dispensables, c'est dommage que certains éditeurs décident de les sucrer. On n'est pas en Angleterre, le pays du pauvre des DVD (sortie très rapide, souvent avec les USA mais avec extrêmement rarement des bonus et même des pistes audios autre que l'anglais et encore moins de sous titrages. Le top étant pour les séries sortant après les USA et qui ne possèdent aucun bonus et que l'anglais en audio, sans sous titres).
Je case ici le cas Doctor Who où France Televisions démontre encore une fois son incapacité à maitriser son medium puisque les deux premières saisons sont sorties avec uniquement du français en audio et ST et de l'anglais en audio. Et avec un format d'image recadrée 4/3 là où les anglais ont offert à chaque saison du docteur Who une dizaine d'heures de bonus, un format 16/9eme et de l'audio anglais en 5.1, coffret sorti bien avant le coffret français.)

- Le problème des langues. Là, c'est une question qui touche quasi uniquement le monde de l'édition d'animés japonais. Les sorties se font soit en vost uniquement, soit en vf uniquement, soit en vo/vf. Chaque éditeur a une politique particulière d'édition: Declic Images (Hikaru no go, X de Clamp, Fruit Basket, Love Hina, ...) édite en vost, puis en cas de succès en vf only et en coffret vo/vf, avant de procéder à des rééditions. Kana Vidéo (Naruto, One Piece, Zatchbell, Mär, ...) édite directement et seulement en digipack de 12/13 épisodes en vo/vf. C'est vraiment dommageable ce flou, surtout dans le cadre de sorties en vost en premier lieu puisqu'il est alors impossible de savoir si un coffret vo/vf sortira ultérieurement.
Du coté des séries us, heureusement, nous avons droit à des coffrets vo/vf systématiquement.

- Le problème du prix : Les DVD de séries restent chers. Les saisons de séries en nouveauté sont en moyenne 40 ou 50 euros suivant les éditeurs et le nombre d'épisodes. Et peu d'éditeurs procèdent à des baisses de prix régulières au fil du temps à l'instar des films. Seule la FOX le fait systématiquement (les saisons intégrales de Buffy, Angel, X-Files, ...) sont à 19,99 euros pièce et c'est le seul éditeur à proposer des intégrales de séries terminées dans un superbe coffret pour un prix entre 100 et 200 euros suivant le nombre de saisons. Le seul autre cas est MGM et que avec Stargate SG1 dans un gros coffret regroupant les 10 saisons (et tiens, FPE (Fox Pathé Europa) est dans le coup sur cette édition ... ). Parce qu'à coté, MGM ne baisse quasiment pas ces prix. Les saisons unitaires de Stargate SG1 sont encore à 40 euros pièce.
La seule solution pour obtenir des prix réduits est de passer par internet et commander les coffrets belges qui ont un packaging différents mais un contenu identique ou quasi identique aux coffrets français (les ST néerlandais en plus par exemple)

- La question de la HD. Aujourd'hui, toutes les séries sont tournées en HD. Et le format HD existe dans le commerce sous la forme du Blu Ray Disk (le HD DVD étant mort). Faut il investir dans le DVD ou le BRD ? A l'heure actuelle, peu de séries sortent en format HD et les éditeurs ne maitrisent pas encore entièrement ce nouveau medium vidéo. Mais cela ne saurait tarder, sans compter les rééditions en BRD à venir des saisons déjà sorties en DVD. Faut il craquer ? En avez vous les moyens ? (Pour en profiter, il faut un lecteur BRD, un écran assez grand acceptant la HD et un système sonore 5.1 minimum).

Comme je viens d'en faire la liste, le DVD a de très nombreux avantages sur la diffusion télévisée ou par VOD des séries. Le seul avantage que conserve la télé est une diffusion avant la sortie DVD. Sinon, pas de pubs, multilangues, vision à volonté, qualité d'images et de son parfaites, ... La télé est enterrée si vous souhaitez regarder des séries.

Posté par Speedu à 16:25 - Articles : Analyses de fond - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 6 avril 2008

Les autres défauts de la diffusion française des séries

BoucherieComme je l'ai déjà exposé, la diffusion française connait moultes défauts. Le principal étant la diffusion de bourrin par 3 oou 4 en une soirée, par 2 en quotidienne entre autres.
Mais comme vous l'avez remarqué, d'autres défauts se greffent à la diffusion française des séries télévisées. Certaines chaines en abusant plus que d'autres de ces procédés visant à nous gacher le plaisir de suivre nos héros préférés. Ca en devient même une vraie boucherie parfois.
Allez, un petit tour d'horizon de ces experts en massacre :

- Le format d'image :
Les séries sont aujourd'hui toutes tournées en 16/9eme minimum. Bien souvent parce que le tournage en HD impose ce format. Or, la plupart du temps, nos séries ne sont pas proposées en véritable 16/9eme sur nos chaines. Seul TF1 diffuse en 16/9eme véritable sur la TNT. France télévision va s'y mettre. Canal + le fait également grâce à son canal HD. NRJ12 le fait depuis ces débuts mais la généralisation sur les grandes chaines n'est pas encore totale. Lentement, les chaines y arrivent.
Concrêtement, à l'écran, si votre écran est "carré" (format 4/3), cela se traduira par l'apparition de bandes noires et en haut et en bas de l'image, bandes noires vierges de toute inscription puisqu'en fait, il n'y pas d'images du tout dans ces bandes noires. Il ne faut pas confondre avec ce qu'on va appeler "faux 16/9" qui est en fait bel et bien une image 4/3, les bandes noires étant un rajout. L'exemple est sur M6 ou France 2 avec le logo à cheval sur la bande noire et l'image. Le schéma ci dessous devrait vous aider à faire la différence :

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Le problème ne vient pas tellement du format choisi à la base par les chaines tant qu'elles le respectent. Or, c'est rarement le cas. Depuis maintenant une bonne dizaine d'années, l'essentiel des séries sont tournées en 16/9e. Mais bien souvent, celle ci sont recadrées pour rentrer dans du 4/3 sans bandes noires. Conséquence, en zoomant l'image, on perd des détails verticaux à droite et à gauche.

graf1_copy

Heureusement, le 16/9 ou le faux 16/9 premettent d'éviter cette perdition d'images. Le problème est que France télévision est réfractaire à cela et préfère massacrer les images en recadrant, sauf quand cela lui est imposé comme pour Urgences.

Mais le pire vient de NRJ12 qui recadre en 16/9 des images 4/3 de leurs vieilles séries. C'est à dire l'inverse du schéma du dessus. Du coup, il manque le haut et le bas des images. Le pire est avec certaines séries comme le messager des ténèbres, tourné en 16/9, recadré en 4/3 par Jimmy puis un 16/9 à partir de ce 4/3 sur NRJ12. Au final, on a perdu de l'image à droite et à gauche sur jimmy, perte conservée sur NRJ12 qui a encore tronçonné l'image en haut et en bas.

Bon, je sens que j'ai perdu pas mal de monde en tentant de faire très simplifié. Alors passons à un truc plus marrant : la diffusion dans le désordre.

- La diffusion dans le désordre.
C'est la grande spécialité de TF1. Pourquoi ? Personne ne sait. Parfois, cela se justifie par la classification -12 d'un épisode qui l'impose après 22h30. Mais la plupart du temps, cela n'a aucune raison que celle de torturer les stagiaires non payés de la chaine à mon avis. Enfin, certaines fois, l'épisode de 20h50 est là parce que'il y a de bons plans sexy dedans. Le pire étant que même les productions maison sont diffusées dans le désordre (cf la seconde saison de Paris enquêtes criminelles par exemple). Si le phénomène se confinait à TF1, ça passerait. Mais comme M6 copie TF1 depuis 2 ans pour lui ressembler (mais pourquoi bon sang ???), de plus en plus souvent, M6 diffuse dans un certain désordre ces séries (genre NCIS, Bones, Medium).
Heureusement, ces chaines savent diffuser dans l'ordre quand c'est imposé par le scénario. J'ose même pas imaginer la gueule d'une saison de 24 si elle était diffusée façon experts.
On peut reprocher de très nombreuses choses au service public mais France Television respecte l'ordre de ses très rares séries à l'antenne.
On peut aussi rapprocher de ce phénomène l'oubli d'épisodes. TF1 oublie des épisodes et on ne sait pas pourquoi. Genre Dr House avec 7 épisodes de la saison 1 inédits jusqu'à présent, la chaine les ressortant pour continuer à proposer 3 House par semaine le plus longtemps possible. Ou encore un épisode de la saison 3 de Las vegas avait été oublié lors de la première diffusion le dimanche après midi mais pas lors de la très récente diffusion quotidienne. Les Experts aussi, toutes villes confondues, ont des épisodes oubliés ressurgissant comme ça 2 ou 3 ans plus tard.
TF1 fait n'importe quoi et personne ne sait pourquoi. Je ne sais même pas si eux savent pourquoi ils diffusent aussi mal leurs séries.

- La censure :
Ah la censure. Le plus gros morceau. Avant, on remarquait peu la censure mais depuis l'avènement du DVD et aussi du téléchargement illégal, on constate facilement que TF1 coupe à peu près tout. Et même souvent pour le plaisir de couper. Ou alors ils ont des quotas de coupe censure à faire. On raccourcit par ci une scène de meurtre, on raccourcit par là, on remonte le son etc ... Et au final, on a un truc indigeste et incompréhensible comme Angel. Bon encore que Angel pouvait se comprendre et ne pas rester tel quel le samedi après midi. Mais pourquoi l'avoir acheté à ce moment là si ce n'est pour faire chier M6 qui possédait la série mère Buffy ?
TF1 coupe même les séries jeunesse du type Power Rangers, c'est dire. Et personnellement, je ne comprends pas pourquoi ils coupent un épisode d'une série en prime time. Ils coupent Les experts de Las Vegas pour les passer à 20h55. Or, leur horaire de diffusion est 21h aux Etats Unis. Pour Prison Break sur M6, la chaine doit faire de la coupe sinon le CSA leur imposerait une diffusion après 22h30 alors qu'elle est diffusée à 20h aux Etats Unis. Esprits criminels est pas mal coupé sur TF1 alors que c'est diffusé après 23h. Et les belges l'ont diffusé à 20h15 sans censure. Pourquoi les chaines nous considèrent comme plus sensibles ? Alors certes, ils avancent la protection des enfants qui ne doivent pas être exposé à de la violence. Mais un enfant de moins de 12 ans n'a rien à faire devant la télé à 22h30 ou plus. Ce n'est pas à la télévision de les protéger mais aux parents de veiller à ce qu'ils ne soient pas devant la télévision à cette heure là.
C'est pareil pour M6 qui coupe certes moins, mais qui coupe quand même quasi systématiquement NCIS et Prison Break, deux séries là encore diffusées à 20h aux Etats Unis et 20h15 en Belgique sans la moindre censure. En plus, les coupes de M6 sont souvent stupides (du genre quand le NCIS arrive sur une scène de crime, TOny prend des photos et on voit 4 à 5 flashs de photographie de la scène de crime et il n'en reste plus que 2 sur M6. Pourquoi ? Parce que TF1 le fait, alors on le fait pour être comme eux.
Seul France 2 est irréprochable, les coupes étant extrêmement rares et bien souvent justifiées, bien faites et sans incidence sur la compréhension de l'histoire.
En plus, le CSA exagère vraiment. J'ai connu les années 80 de TF1 privatisée avec un strip tease intégrale le samedi à 19h50 dans les émissions de Collaro et Ken le survivant chez Dorothée. Et je ne suis pas traumatisé, ni taré aujourd'hui. Si certains enfants développent des problèmes mentaux, on ne peut pas accuser la télévision seule. C'est tout un ensemble des faits répétés qui font qu'un jeune disjoncte et tue des gens. Pas le fait de voir un cadavre dans NCIS ou les experts. et on voit bien pire, bien plus violent, bien plus traumatisant au JT de 20h et ça, sans avertissement. Le même JT que ceux qui luttent contre la violence à la télévision vont conseiller aux jeunes de regarder pour comprendre le monde.

Bref, comme on le voit, TF1 cumule les défauts de boucherie. Il y a bien des efforts mais ce n'est pas encore ça. Je préfèrerais avoir des séries non censurées que des séries en vrai 16/9eme. Au final, à l'inverse des précédents articles, France 2 s'en sort plutôt bien. On peut reprocher les programmations nocturnes de plusieurs séries genre A la maison blanche ou six feet under, voire The Shield sur France 3, mais au moins, ces séries sont présentées dans l'ordre et sans censure. (Le magnéto, ça existe pour ceux qui ralent contre l'horaire nocturne)

> A suivre : Dead like me

Posté par Speedu à 15:30 - Articles : Analyses de fond - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 30 mars 2008

Deux épisodes, ça va. Trois, bonjour les dégats.

multiplication48Revoilà encore un article piqué sur un obscur blog que personne ne consulte. C'est pour ça que je pique mes idées chez lui, personne ne le remarquera.

En plus, c'est dans la continuité de l'article précédent avec un tour d'horizon de la façon sonore dont sont diffusés les épisodes. On s'attaque là au rythme de diffusion des épisodes en vf ou vm à la télévision française.

Plusieurs solutions :

- 1 épisode par semaine :
L'idéal. A heure fixe, cela donne 6 mois d'inédits et 6 mois voire moins d'attente avant la saisons prochaine. A titre d'exemple, RTL TVI en Belgique a diffusé ainsi Dr House et a diffusé quasiment en continu les 3 saisons de House sur deux ans. En France, un épisode par semaine en prime time, il faut remonter à il y a 10 ans au moins (les débuts de la trilogie de M6 avec un Caméléon, un Dark Skies et un Profiler à la suite. C'était en 1996).
En journée, le phénomène se rarifie. Les programmes jeunesse sont les plus diffusés sous ce format. Dans les séries, à part Sous le soleil le samedi ... Même la case du dimanche après midi de France 2 qui fonctionnait bien a disparu. Seul l'après midi du dimanche de TF1 assure un seul épisode par semaine mais les inédits se font rares. On peut aussi citer la soirée de polars du vendredi de France 2. Et les doublons commencent à poindre le bout de leur nez (Walker depuis quelques semaines, la série ado du samedi après midi depuis à peu près 2 ans sur TF1)

- 2 épisodes par semaine :
Le cas devient de plus en plus rare. Le format est trop "batard" pour le prime time sauf pour Canal + qui propose toutes ses séries par 2 en prime time. Par contre, il plait en seconde partie de soirée. C'est le format le plus répandu pour la seconde partie de soirée, c'est à dire 23h15 à peu près. Les exemples sont nombreux (la seconde série de ce que M6 ose encore appeler Trilogie du samedi, la série du lundi soir sauf quand TF1 veut s'en débarasser vite fait, la série du mercredi soir de TF1, celles du samedi soir, celles du dimanche soir quand il y en a en deuxième partie de soirée). On a aussi droit à cela en night time, c'est à dire vers les 1 heures du matin : 24 en été sur TF1, New York police judiciaire dans la nuit du samedi au dimanche sur TF1, Earl le lundi sur Paris Premiere, les séries anglaises sur M6, ...).
Pour moi, ce format est encore un bon format : il offre la dose sans gaver. Il faut être honnête, on est quand même bien heureux de voir 24 ou Lost par 2. Et puis certaines séries au rythme lent y gagnent.

- Un épisode du lundi au vendredi :
Format de fin d'après midi par excellence. C'est comme ça, ça comble. La série retrouve son rôle historique en France : celui de bouche trou. En plus, bien souvent, les séries sont en rediffusion donc ça gène moins. Le problème est que même ce format disparait lentement.

- Deux épisodes (ou plus) du lundi au vendredi :
Là, on tombe dans le grand n'importe quoi. 10 épisodes par semaine, 15 éventuellement. Vous ratez un jour (et enregistrez en conséquence), c'est fichu, impossible de refaire son retard. Le problème est que toutes les chaines du cable et de la TNT adopte ce format insupportable. SerieClub et TF6 enchainant 3 séries par 2 à la suite entre 16h et 20h30. Sans compter que certaines chaines ont même sucré la pause du week end. Je pense à MCM (2 Dragon Ball suivi de deux Dragon Ball Z en boucle perpétuelle soit 14 épisodes par semaine) ou Game One (rien de moins que 3 Naruto 7 jours sur 7 soit 21 épisodes par semaine)

- Trois épisodes par semaine en une soirée :
Le format de prédilection de la télé française : House, FBI portés disparus, Les 3 Experts, NCIS, Bones, ... J'en passe et pas forcément des meilleures. La grande question est pourquoi ? Et on peut remercier TF1. Oui, oui. Il faut savoir que depusi très longtemps, TF1 est leader sur le prime time. Et pendant longtemps, le prime time se finissait sur toutes les chaines vers 22h30/23h. Et TF1 a compris une chose : pourquoi ne pas faire durer le prime time pendant les pubs chez les autres ? Cela permet de récupérer ceux qui zappent et de gonfler artificiellement la fameuse pdm (la part de marché). TF1 s'est mis à appliquer cette technique avec tous ses prime time de plateau début des années 90 poussant jusqu'à 23h. Les autres chaines ont suivi et maintenant, on touche au 23h10/15. Le top étant la dernière finale de la Star Academy se terminant à 0h07 : 3h20 de prime time !!!! On touche le fond avec du remplissage comme c'est pas possible. On peut se rappeler des 100 plus grands couacs du direct il y a un mois à peu près, émission en direct qui s'est finit au délà de 23h30 et où Dechavanne avait complétement décroché vers 23h. Il se faisait bien chier et fut content de rendre l'antenne.
Et là, on sent que c'est pour compenser une pdm de plus en plus faible à cause de la TNT qui se répend partout (plus de chaines pour bouffer un gateau de la même taille, il est logique que les chaines "historiques" chutent.).
Le rapport avec les séries ? 3 épisodes nous amènent à 23h10/15 suivant la durée des pubs :)
Et trois épisodes en un soir, c'est beaucoup trop. Une soirée exceptionnelle à la rigueur comme pour le lancement avant de passer à deux (et pour une question de format : exemple : Damages sur Canal + : première soirée de lancement : 3 épisodes, puis 2. Et c'est une série de 13 épisodes, ce qui fera un nombre exact de soirées). Mais toutes les semaines ? Même les accros de House arrivent à en avoir marre de leur docteur junkie. Le pire étant les semaines où TF1 dégaine 3 soirées Experts dans la semaine. Même si les équipes sont différentes, on retrouve un ton et un style d'histoire similaires sur 9 épisodes en quelques jours.
On peut tout de même tempérer cela avec les cas France 2 et M6 qui diffusent par 3 mais avec un seul inédit à 20h50 suivi de deux rediffusions. Enfin m6 ne le fait pas systématiquement. Ce système est le moins pire pour contenter tout le monde : ce qui ne veulent qu'un épisode par semaine comme moi et ceux qui veulent faire une overdose de leurs héros. Mais avec TF1, c'est impossible de savoir quand et combien d'inédits il y a par soirée de 3 vu que ça change tout le temps.
Et du coté de la TNT et du cable, aucun espoir. Médiamétrie passant par là, ils s'alignent. On applaudira Jimmy qui la saison dernière avait dégainé toutes ses nouveautés le même mois, que des nouveautés en 13 épisodes, toutes diffusées par 3. Un mois et plus que de la rediff sauf Star Trek Voyager qui a terminé avec sa dernière diffusion diffusée en 2 soirées de 3 épisodes à la suite pendant un mois.
On peut aussi applaudir M6 qui a de plus en plus tendance à faire des soirées de 4 épisodes quand ils veulent se débarasser d'une série (comme Jericho) ou SerieClub, chaine du groupe M6, qui avait programmé Disparitions (Taken) par 2. Soit 3 heures par semaine, l'équivalent de 4 épisodes (un épisode de Taken durant 1h20). Mais nous reviendrons plus tard sur le cas des chaines Jimmy et SerieClub dans un article rien que pour elles.

Au final, la série semble mieux traitée qu'avant car on met en avant le prime time. Mais le résultat est toujours le même qu'avant sur les chaines comme TF1 : la série reste un bouche trou. On la programme par 3 pour être sûr de durer plus longtemps que le programme concurrent et on programme les Experts dès que la concurrence sort un programme évènement. (je sens bien les experts face aux 2 matchs de l'équipe de France à L'euro sur M6 en juin prochain). Le cable et M6 traitait les séries comme un vrai produit mais comme toujours, elles se sont alignées sur TF1 le maitre étalon de la télé (il suffit de voir les envies de Thomas Valentin, directeur de M6 pour voir qu'il veut en faire un TF1 bis. Ce que je ne comprends pas mais bon ...). Comme toujours TF1 décide, le reste suit comme des moutons bien sages. C'est vraiment dommage. D'autant plus que cela se multiplie à l'heure du numérique qui empèche pas mal de monde d'enregistrer une chaine et en regarder une autre. Vive l'analogique, vive la programmation d'antan du cable, vive les années 90. Pour une fois, on peut dire, c'était mieux avant.

Le top étant ceux qui se plaignent quand une chaine ne diffuse que par 2 et pas par 3 les épisodes et qui sont les premiers à vanter la grande classe de la diffusion américaine avec un épisode par semaine et pas toutes les semaines en plus (comme Smallville par exemple : le dernier épisode a été diffusé le 26 mars sur la CW et le prochain sera diffusé le 17 avril. Trou de trois semaines. Et la grève n'y est pour rien. La diffusion de Smallville est parsemée de trous de ce genre tous les ans).

Voilà, pour moi l'idéal est un épisode par semaine, deux pour certaines séries et basta. Et un épisode du lundi au vendredi en rediffusion seulement.
En y repensant, TF1 pourrait s'assurer un an d'inédits par 3 chaque semaine : une soirée Experts avec 1 Miami, 1 Manhattan et 1 Vegas à la suite de jenavier à juin et de septembre à janvier, cette même soirée serait composée d'1 NY Section criminelle, 1 NY Unité spéciale et 1 NY police judiciaire : un an de séries totalement inédites sans gaver les téléspectateurs. Les publics de ces séries étant sensiblement les mêmes.
On remarquera aussi qu'en automne 2007, TF1 programmait 3 Experts Manhattan suivis de deux Esprits Criminels. Manhattan cartonnait mais Esprits criminels en démarrant à 23h20 n'atteignait pas de grands sommets. Et les rares soirées où TF1 n'a diffusé que 2 Manhattan suivi à 22h25 de deux esprits criminels, TF1 a fini à minuit à plus de 6,5 millions de téléspectateurs et 40% de pdm. Pourquoi après deux semaines à ce score, ils sont revenus au format 3 + 2 leur assurant une pdm plus basse de 23h20 à 0h00 ? Parfois, on se demande ce que peuvent bien avoir dans la tête les programmateurs (ou leurs supérieurs).

> A suivre : Hikaru no go

Posté par Speedu à 13:19 - Articles : Analyses de fond - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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