Analyses en séries

Blog de reviews sur les diverses séries que je suis. Alliant humour et analyses, chaque épisode est décortiqué à l'aide de mon oeil implacable.

mercredi 10 septembre 2008

Esprits criminels - Episode 3.19

Le poids du passé / Tabula Rasa
Saison 3, Episode 19 sur 20
Diffusion us : CBS - 14 mai 2008
Diffusion belge : RTL TVI - 3 septembre 2008
Diffusion française : TF1 - Prochainement.
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Résumé :
Le DSC doit participer au procès d'un tueur en série enfin jugé après 4 ans de coma.

Mon avis :
Cet épisode nous permet de nous rendre compte d'une chose que j'avais prédis en tout début de saison après le départ de Gideon : Rossi est totalement inutile. Encore plus depuis que son affaire qui le hantait a été mal résolue. Les scénaristes ne savent pas quoi faire de ce personnage et la grève en milieu de saison n'a pas aidé. Depuis la reprise et la résolution de son enquête, il hante la série comme un décor. Il ne sert à rien et le peu d'épisode où il a quelques lignes, n'importe lequel des autres agents aurait pu les dire. Il n'apporte rien à la série, pour l'instant. Attendons de voir si ils auront eu l'illumination à l'intersaison.

Par contre, je pressentais dès le début de saison que Hotchner avait le charisme pour mener le show et cet épisode le prouve. Il est tout simplement excellent au tribunal, surtout dans la scène un poil surréaliste du profilage de l'avocat du meurtrier, l'ancien mari de Bree Van de Camp dans Desperate Housewives. Il mène le procès, appuyé par ses convictions. Il ne cherche pas à prouver que le suspect est le serial killer, c'est acquis. Il cherche simplement à convaincre que le profilage est une science suffisament exacte pour s'appuyer dessus et prouver une culpabilité. Et là, j'ai un peu de mal. Hotchner donne une interprétation sans faille du profilage alors que ce n'est pas le cas. Oui, le profil était exact dans une affaire précédente, mais il ne pouvait déterminé le coupable avec exactitude. Et je rappelle que dans les procès aux Etats Unis, il faut prouver la culpabilité d'un meurtrier sans l'ombre d'un doute. Or, le profilage ne peut lever ce doute complétement. Il n'est qu'une faisceau de présomption qui peuvent limiter le nombre de suspects. Le profilage sert à aider les policiers à déterminer qui peut être le coupable, pas à prouver que telle personne est coupable sans l'ombre d'un doute. C'est dommage que l'épisode n'appuye pas plus là dessus, prenant trop le parti d'une science sans faille pour le profilage.

L'autre star du show est Spencer Reid. Il le prouve encore aujourd'hui en étant au centre de l'histoire annexe avec le père d'une victime et dans les flashbacks. Les flashbacks nous montrent que l'enquête en 2004 était sa première. Les flashbacks sont d'ailleurs réussis dans l'ensemble. On découvre le tout jeune Spencer, on découvre aussi que Morgan n'avait pas encore trouvé son style puisqu'il portait le costume et quelques millimètres de cheveux. Et on découvre l'origine du surnom de Penelope, le fameux "ma beauté" (baby girl en vo) qui elle aussi faisait ses débuts au sein du DSC. Les flashbacks sont sympas mais esquivent quand même pas mal l'établissement du profil du tueur, profil pourtant capital aujourd'hui dans le procès. Je regrette aussi de ne pas avoir eu Ellie Greenaway qui était déjà présente dans l'équipe en 2004 il me semble.
Pour en revenir au présent, Spencer s'occupe du père de la dernière victime. Sa grande scène est évidamment quand il l'empèche de tirer sur le serial killer. Malheureusement, cette scène est tellement téléphonée qu'elle s'avère ratée. Le père insiste tellement sur "docteur Reid" que quand il l'appelle "Spencer" et se dit en paix, on sait qu'il va tenter de tuer le serial killer et que Reid va l'en empécher car il aura remarqué le signe. On sent bien que la scène est là plus pour la dramatique du show qu'autre chose mais malheureusement, son écriture bancale la rend mauvaise. Dommage.
Par contre, la scène finale quand il ramène la montre au père en lui demandant ce à quoi se rapporte la citation est belle et émouvante. Surtout quand la voix off enchaine avec la suite du poème, qui prouve que Spencer le connaissait mais que c'était nécessaire de le faire dire au père pour qu'il se sente mieux.

Du coté de l'enquête, on a aussi du très bon avec la question fondamentale de savoir si nos actes passés définissent qui nous sommes aujourd'hui. La rédemption et le changement sont ils possibles ? Le titre vo n'est pas un hasard puisque Tabula Rasa est une expression utilisée par le philosophe John Locke (sans rapport avec le disparu paraplégique) qui défendait l'idée que le cerveau était vide à la naissance et que l'homme était le libre auteur de sa propre âme. En clair, nos choix font qui nous sommes et non notre passé. Et c'est la thèse développé par cet épisode qui voit le serial killer regretter et chercher à se repentir de ce qu'il a pu faire. Il n'est plus le même homme que celui qui a tué.
J'ai bien aimé tout cet aspect philosophique sur qui nous sommes. C'était bien amené et bien développé même si il manque finalement la défense de la thèse opposée à celle de Locke.

Bref, un épisode captivant. Il est loin d'être parfait mais il pose de très bonnes questions et développe des questions intéressantes. Il y a un véritable fond de réflexion et cela donne un épisode qui est un vrai régal à suivre malgré ses quelques défauts.

Posté par Speedu à 18:04 - Esprits criminels - Permalien [#]
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